YAKUZA | La violence | Épisode 2/2 | ARTE

[Musique] Le maire de Nagasaki voulait éliminer les yakuzas de tous les projets de travaux publics. Un boss de second rang du Yamaguigumi de Nagasaki l’a tué en pleine rue d’un coup de pistolet. [Musique] Encore une fois, il s’agit du Yamaguigumi, la plus grande organisation yakuza au Japon. Et cela a soulevé un énorme tolé parce que même si l’assassin a déclaré avoir tiré sur le mer parce qu’un hitpol avait endommagé sa voiture, personne n’y a cru. Lorsque Ichoito, le maire de Nagasaki, est assassiné par un chef Yakuza, le Japon est en état de choc. Il ne s’agit plus d’une balle perdue dans des affrontements de rues entre gang, mais d’un assassinat politique. Une étape supplémentaire a été franchie. C’était inacceptable. Voilà pourquoi la répression s’est intensifiée. Aujourd’hui, la loi antigang a été promulguée et elle est impitoyable pour les yakuzas. [Musique] [Applaudissements] [Musique] Quel rang occupez-vous dans votre organisation ? Je suis l’enfant de l’actuelabun du Kyodokai. J’ai reçu la coupe de saqué de ses mains. C’est ce qui m’a autorisé à choisir un territoire et à m’y installer en tant que chef de clan. Même si les effectifs des Yakuza ont diminué, nos sources de revenus n’ont pas changé. Elles proviennent toutes d’activités illégales. Nos revenus les plus importants viennent des taxes de protection et des profits clandestins du bâtiment. C’est donc là-dessus que la police a commencé à nous écraser. Il existe des relations étroites entre les entreprises de BTP, les Yakuza, les banques et les politiciens japonais, mais ce sont des liens opaques et invisibles. Durant la deuxième moitié des années 80, grâce à ce que l’on a appelé la bulle économique, le Japon connaît une période de prospérité sans précédent. C’est l’âge d’or des Yakuzas. Pendant les années de bull économique, on s’est beaucoup amusé. On conduisait de belles voitures, on couchait avec de belles femmes, on vivait une vie agréable. On a peut-être un peu abusé. [Musique] En plus de leurs activités liées au crimes organisés, les Yakuza ont créé des sociétés écran qui leur permettent de légaliser leurs affaires et d’avoir pignon sur rue. [Musique] Ils ont la main sur l’industrie du divertissement, sur les sociétés de travaux publics, les sociétés de crédit. Leurs avoir ont corrompu tous les rouages de la société, de la finance à la politique. [Musique] L’argent circulait et les yakuzas jouaient un rôle important en collaborant avec des entreprises pour recouvrir des dettes ou en étant mandaté pour acquérir des terrains. Au moment de la bulle économique, quand les prix de l’immobilier augmentaient de jour en jour, les banques ou leurs clients engageaient des yakuzas pour vider les zones qu’il voulit développer. Au moment de la bulle économique, quand les prix de l’immobilier augmentaient de jour en jour, les banques ou leurs clients engageaient des yakuzas pour vider les zones qu’ils voulaient développer. Et lorsque la zone était vidée, les Yakuzas ramassaient la mise en prêtant de l’argent aux entreprises de travaux publics qui voulaient y travailler. Ce que cela signifiait vraiment, c’est que vous ne pouviez pas vous lancer au Japon dans des constructions à grande échelle sans payer la mafia locale. Parce que lorsque vous démarriez le chantier d’un immeuble de bureau de 40 étages sans payer les yakuzas, tout à coup, votre équipement tombait en panne. Les incendies se déclaraient et un tas d’autres problèmes apparaissaient. On estime que 5 à 10 % des coûts de construction étaient reversés au yakuza. Quand j’étais yakuza, j’avais souvent affaire aux gens ordinaires, surtout à des civils qui travaillaient dans la construction publique. Je collectais aussi des dettes. Mais il y a des choses que je ne peux toujours pas dire devant la caméra, sinon la police viendrait aussitôt me chercher. À un moment donné, les Yakuza se sont dit “Mais pourquoi se contenter d’être des intermédiaires ? Nous pourrions créer nos propres sociétés immobilières, acheter et revendre des propriétés comme le font les hommes d’affaires et gagner encore plus d’argent. L’industrie du divertissement n’échappe pas à la prédation des Yakuzas. Dès l’origine, les jeux d’argent interdits au Japon, le monde du spectacle et des forins leur était dévolu. Dans les années 80, ils s’y mis dans le sport et la production audiovisuelle. [Musique] À l’âge de 15 ans, j’ai été envoyé en maison de redressement. Quand j’en suis sorti, et bien je suis devenu un délinquant. Ensuite, je suis allé à Osaka. où j’ai intégré une famille Yakuza et pendant les 50 années qui ont suivi, je n’ai fait qu’être un yakuza. J’avais diverses relations dans l’industrie du divertissement et j’ai gagné ma vie comme ça. Dans ce milieu, lorsqu’une star se produit pendant un mois dans une salle de spectacle, vous pouvez faire environ 300 millions de yennes de profit. C’était des Yakuza qui vendaient les billets. Pour les combats de sumo, c’était la même chose. [Musique] Le sumo est le sport national du Japon. [Musique] C’est comme une religion. [Applaudissements] Le sumo aussi était géré par des yakuzas. On les appelé les kanjin moto. Et comme les Yakuza contrôlaient une grande partie de l’industrie du divertissement, la génération des Japan Idols a été aussi très rentable pour eux. [Applaudissements] [Musique] Dans les années 90, tout le monde brillait. Moi y compris. J’ai commencé à être actrice quand j’étais très jeune. À l’époque, je ne savais pas s’il y avait des yakuzas ou pas dans ce milieu. J’avais à peine 15 ans. Je les croisais régulièrement. On avait l’habitude de se saluer poliment. Quand plus tard j’ai découvert que c’était des Yakuza, je n’ai pas trouvé qu’ils étaient si effrayants que ça. Les Yakuza sont très importants pour l’industrie du divertissement. Il y a des productions qui sont très étroitement liées au yakuza. La production que je connais, c’était pareil. Mais je ne peux pas vous dire son nom parce que je ne veux pas me faire d’ennemis. J’ai travaillé dans des séries télé en tant que mannequin érotique, j’ai posé pour des magazines et j’ai aussi joué dans des spectacles. Peux d’entre elles deviennent des stars quand elles prennent leur retraite. Elles n’ont pas fait d’études et n’ont pas développé de réelles compétences artistiques. Si elles ont de la chance, elles épouseront un de leurs fans. Si elles n’en ont pas, elles finissent par travailler dans le milieu du porno. [Musique] Dans cet univers, les filles sont des objets, des biens jetables. [Musique] J’ai pris ma retraite comme actrice à 34 ans. L’année suivante, j’ai eu un fils. Quand il avait de ou 3 ans, ma mère a eu un problème cardiaque. Elle avait besoin de se faire opérer. Mon père et moi, nous avons cherché à lui venir en aide. C’est là qu’un yakuza m’a dit “Si tu veux, j’ai un job pour toi. J’ai accepté et l’opération de ma mère a été un succès. [Musique] Dans le monde des yakuza, la position des femmes et des mères est presque inexistante [Musique] à entendre certains ou dans les films, on les appelle femme de chef ou grande sœur comme si elles étaient respectées. Il doit y en avoir qu’il l’était vraiment. Mais dans la plupart des familles, les femmes et en particulier les mères sont traité par leur mari comme des lave-pieds. [Musique] Mon père et mes proches étaient tous membres du Yamaguigumi. Il se faisait appeler Oyaboun. C’était des chefs de clan. Mon père avait l’habitude de battre ma mère en public. Pour lui, c’était normal. Quand j’étais petit, j’avais de la peine pour elle. Ça se passait comme ça chez les autres aussi. ma relation avec mon père, ce que je pensais de lui. Je ne suis pas devenu un gangster en tout cas. Et quand j’ai su qu’il était nationaliste, un peu néonazie, tout ce que je peux dire, c’est que je n’ai pas été élevé comme lui. Je ne suis pas allé à son enterrement. Je ne suis jamais allé sur sa tombe à ce jour. J’ai souvent demandé à ma mère pourquoi elle avait épousé mon père. Elle n’a jamais répondu. Je suppose qu’elle a fait ce qu’elle a pu en tant que femme de Yakuza. Depuis 2 mois, les valeurs japonaises ont perdu 24,5 % et ce matin, la bourse s’est affolée sur des rumeurs indiquant que les plus grandes compagnies d’assurance allaient vendre de très gros paquets de titres. Le yen tombe comme une pierre. En 3 mois, il a perdu 10 % de sa valeur face au dollars. [Musique] En 1990, l’effondrement du yen fait éclater la bulle économique. Le monde politique, les grandes entreprises et la finance sont éclaboussées par des scandales à répétition qui révèlent l’implication des Yakuzas dans tous les secteurs de l’économie. Le chômage grimpe en flèches et le Japon s’installe durablement dans la crise. [Musique] De nombreux politiciens dont les Yakuza financent les campagnes électorales et truquent les suffrages sont forcés à la démission. Quand la bulle s’est effondrée, les Japonais ont pris conscience que les politiciens, les banques, les entreprises et les yakuzas faisaient tous des affaires les uns avec les autres. Ils avaient tous le même niveau de corruption et cela a vraiment dégoûté les gens. Quand les hommes politiques sont candidats à des élection, ils ont besoin de suffrage pour être élus. Si vous rendez visite à un boss Yakuza et que vous lui demandez des votes, il pourra vous en fournir entre 500 et 1000. C’est vrai et moi-même été arrêté une fois pour ça. Un élu départemental est venu me dire qu’il voulait promouvoir tel candidat. Je n’ai pas fait attention au nombre de gens que j’ai domicilié à la même adresse. Manquait d’expérience à l’époque. Des dizaines de votants avaient donc la même adresse et ça a fini par se voir. Les relations entre Yakuza et politiciens sont très profondes et elles remontent à de très nombreuses années. [Musique] Après la guerre, les États-Unis ont craint que le Japon bascule dans le communisme, ce qui leur aurait posé un gros problème. Ils ont donc libéré ou plutôt fait libérer des criminels notoires tels que Kishino Bosuke qui était un terrible profiteur de guerre et un type nommé Yoshio Kodama. Lui aussi était un profiteur de guerre spécialisé dans l’extion. Il était proche des groupes Yakuza. Il a ainsi pu échapper à son exécution comme criminel de guerre. [Musique] Kodama était ultra nationaliste, foncièrement xénophobe, incroyablement cupide, mais aussi très charismatique. [Musique] [Musique] Deux, Kodama et Kishi onté le Parti libéral démocrate, le PLD, avec l’aide du gouvernement des États-Unis qui a apporté une partie du financement. [Applaudissements] Et parce que Kodama et Kishi avaient des liens avec le crime organisé, le Parti libéral démocrate a établi un partenariat avec les Yakuza pour écraser les syndicats, pour décrédibiliser et humilier ses adversaires politiques. Pendant des années, ils ont travaillé main dans la main. Les Yakuza ont donc joué un rôle majeur dans l’élection des premiers ministres. Il se rendait dans les sièges préfectoraux du PLD pour s’assurer que tout le monde vote pour leurs candidats favoris ou bien ils étouffaient les scandales qui auraient pu faire tomber un premier ministre. [Applaudissements] Le parti libéral démocrate a gouverné le Japon pendant toutes ces années, sauf entre 2009 et 2012. C’est lui qui a fait en sorte que la police laisse les Yakuza tranquille. Le politicien demandait une faveur au Yakuza que ce dernier honorait. En retour, le Yakuza pouvait lui réclamer du travail, par exemple dans les travaux publics. Ces échanges de bons procédés marchaient dans les deux sens et à tous les échelons, des conseillers municipaux jusqu’aux députés. Pour devenir premier ministre, vous devez obtenir des votes au niveau local. Ainsi, lorsque Shinzoabé s’est présenté à la tête du PLD et au poste de Premier ministre en 2006, il a contacté un certain Nagamoto qui était considéré comme le financier du Yamaguigi. [Applaudissements] Et Nagamoto a fait le tour des différents groupes Yakuza en disant assurez-vous que votre représentant préfectoral, celui que vous avez payé pendant toutes ces années, vote pour Shinzoabé à l’élection pour la direction du Parti libéral démocrate. Il est difficile de trouver un premier ministre japonais qui n’ait pas de lien avec les yakuzas. [Musique] Ce qui rapporte le plus, c’est la drogue et surtout la métamphétamine. Aujourd’hui, c’est illégal, c’est rigoureusement interdit au Japon. La police travaille dur pour éradiquer le trafic de drogue. La métamphétamine n’entre pas au Japon. [Musique] À la douane, ils ont saisi des centaines de kilos, ce qui évidemment a fait monter le prêt en flèche. [Musique] À partir des années 50, la principale activité des gangs japonais, ce qui constitue leur principales source de revenu, c’est le trafic de métamphétamine. [Musique] Ils finissent tous par se tourner vers le trafic de drogue. Ils ont distribu dans les écoles. Dans mon clan, il y avait une personne bien connue qui était spécialisée dans ce domaine. [Musique] Quand j’étais en prison, j’ai connu un gars qui était là à cause de la métamphétamine. Il la faisait livrer par bateau en la cachant sous des bouées. Et quand il approchait du port, il jetait les boué avec la mte à la mer. C’est un mec de Taiwan qui a inventé ce truc. Je me souviens que le gars m’a dit qu’il le referait dès qu’il serait sorti de tô. [Musique] Au début des années 90, les Yakuzas poursuivent leur implantation sur d’autres territoires. leur tête de pont. Hawaii, un petit archipel américain de l’océan Pacifique qu’ils inondent de métamphétamine. Des partenariats sont passés avec des mafias étrangères en Asie mais également aux États-Unis. Avez-vous des relations avec des organisations criminelles de pays étrangers ? Il existe toutes sortes de liens. Si on entend parler d’un bon deal, il se peut qu’on entame des relations avec ce genre de personne. [Musique] L’alba dell’era mafiosa del Pacifico è sorta proprio qui. [Musique] Le Hawai, il paradiso dei vacanzieri di tutto il mondo. [Musique] I samurai in doppio petto sbarcano allawai nascondendosi fra i 3000 turisti giapponesi che arrivano ogni giorno all’aeroporto internazionale di Onolugu. Ma è la droga che ha fatto fare il salto di qualità internazionale alla Yakuza. Prima le anfetamine, le droghe del risveglio importate soprattutto da Taiwan grazie a un accordo con le triadi locali. Poi l’eroina. Questo filmato è stato girato di nascosto dalla DEA, la polizia antidroga americana in una camera di albergo di Honolulu alle Hawai. Alcuni mafiosi giapponesi trattano una partita di eroina in cambio di armi. L’acquirente è però un agente segreto della dea. James était un agent spécial judéo-japonais. Il avait réussi à infiltrer les yakuzas pour les empêcher d’introduire et de vendre de la métamphétamine à Hawaï. Le groupe qui en était responsable était le Kyokutokai. Il existe encore aujourd’hui. C’est à ce moment-là que les États-Unis ont compris que les Yakuzas opéraient sur leur sol et qu’ils introduisait de la drogue. Yes. Japanese organized crime according to most law enforcement agencies is behind the financing of most of the crystal methamphetamine also known as ice which is the drug of choice in Hawaii and is also now in re over the past decade also reached parts of Seattle, San Francisco, Los Angeles, Denver and some other communities on a wester scale. And they’ve also come to the United States to recruit uh American women at times into prostitution in Japan. On peut comprendre que les États-Unis a pensé que les Yakuza représentaient une grande menace pour eux. Les Américains ont demandé une liste de Yakuza et au début le Japon a refusé de la leur donner. [Musique] Depuis plusieurs années, le département du trésor américain observait avec inquiétude les yakuzas s’implantés aux États-Unis. Alors qu’ils essayaient d’empêcher plusieurs sociétés de faire affaire avec les USA, leur regard s’est braqué sur les Yakuzas. Ils ont donc officiellement placé le Yamago Chigumi, Linagawakai et le Sumioshikai sur une liste noire. [Musique] Le fait que l’administration Obama considère les Yakuzas comme des organisations terroristes a rappelé à la police japonaise qu’elle avait intérêt à prendre les choses en main, sans quoi elle serait embarrassée à l’échelle mondiale. [Musique] [Applaudissements] Si l’administration Obama fait pression sur le gouvernement japonais pour qu’il répriment les yakuzas, une accumulation d’événements et de faits divers sanglants soulève la population contre eux. [Applaudissements] [Musique] Il faut aussi signaler qu’à cette époque s’est vissait le coup d’okai un groupe très violent du sud du Japon. [Musique] Au début des années 2000, le coup d’oka était devenu hors de contrôle. Il y avait des tirs de lance-roquette. Il se bagarrait entre eux et ils s’en prenait aussi au civil. Le réalisateur Takeshi Kitano a fait un travail remarquable dans sa série à out [Musique] tout ce que vous voyez dans ces films et qui semble incroyable comme des casinos cachés au sein d’une ambassade Yakuza qui jette une grenade dans le bureau d’un gang adverse. Oui, tout cela est vraiment arrivé. [Musique] Le coupoka attaquait les civils. Ces hommes lançaient des grenades explosives dans les snackbar qui refusaient de payer la taxe de protection. Et la police s’est mise à réprimer de plus en plus les yakuzas. C’est à cette époque que tout a commencé. On en a fait notre priorité. On s’est dit le moment est venu d’écraser les organisations Yakuza. [Musique] Quand on est un yakuza, les bonnes œuvres ne suffisent pas pour gagner sa vie. Je sais bien que cela va à l’encontre du Ninkyo, la voix chevaleresque des Yakuza. Mais s’il est vrai que le plus fort doit aider le plus faible, le plus fort est parfois obligé de bouffer le plus faible pour survivre. Aujourd’hui, les héritiers du Nodo ne s’intéressent plus qu’au profit et à l’argent. Si tu accordes trop d’importance au Nikiodo et à ses nobles principes, tu ne pourras plus gagner ta croûte. Mais ce qui a vraiment causé leur perte, c’est lorsqu’en 2008, le Kodokai, la faction dirigeante du Yamaguigumi, a engagé une agence de détective privé appelée Garou Détective Agency pour obtenir les relevés téléphoniques des policiers de la préfecture d’Achi. C’est effectivement arrivé. Afin de connaître les mouvements de la police et d’échapper à sa répression, le Codokaai avait noté les plaques d’immatriculation des voitures de police ainsi que les adresses des inspecteurs. Un jour, des policiers font une descente dans un bureau du kodokaai. Ils y découvrent des photos d’eux-mêmes et des membres de leur famille affiché au mur avec des punaises. Pour les policiers, il s’agissait clairement d’une menace dirigée contre eux. Lors des interrogatoires, certains membres du kodokaai y feront allusion en disant “Je sais que vous avez une fille de 11 ans. Et pour la police japonaise qui a coexisté pacifiquement avec les Yakuzas pendant de nombreuses années dans cette relation bizarre du genre vivre et laisser vivre, quand soudain les yakuzas s’en prennent à vos proches ou menacent les membres de votre famille ou vous-même, alors c’est fini, c’est la guerre.” Ils veulent s’attaquer aux policiers. Dans ce cas, il faut créer une loi pour les écraser. C’est comme ça que tout a commencé. Dans chaque région, il y a une famille et dans chaque province, un clan qui lui est subordonné. Il faut donc tous les frapper, se concentrer sur les grandes organisations et les faire tomber une à une, les éradiquer. [Musique] En contournant le pouvoir politique, la police prend les devants pour réprimer efficacement le crime organisé. Après une première loi antigang demeurée sans effet en 1992, les préfectures créent en 2011 de nouvelles dispositions qui restreignent la liberté des Yakuza. Ces mesures dites d’exclusion du crime organisé seront entérinées par le Parlement un an plus tard. [Musique] Ce qu’il y a d’incroyable avec cette loi, c’est qu’elle a interdit à quiconque de collaborer avec les yakuzas, de les rémunérer. Cela signifie que si vous payez une taxe de protection au yakuza, vous n’êtes plus considéré comme une victime mais comme un criminel. Vous recevrez un avertissement de la police et si vous continuez à payer, votre nom sera divulgué au public. Si vous vous faites prendre une troisième fois, vous finirez en prison. Depuis que les lois antigang ont été promulguées, les yakuzas sont détestés par la population. Pour les Yakuzas encore en activité, le monde est devenu difficile à vivre. Nous ne pouvons plus avoir de compte bancaires. Nous ne pouvons plus acheter de voitures, ni avoir de téléphone portable, ni même louer un logement. La police nous surveille. Quand on frappe à ma porte le matin, je suis nerveux, même s’il s’agit du livreur de journaux. Autrefois, les mafias étrangères géraient leurs affaires dans le plus grand secret. Elles se cachait. Les yakuza du Japon, eux, se signalaient par un écritau bien visible à l’entrée du bâtiment où ils se réunissaient. Tout le monde savait qu’ils étaient là, ils ne se cachaient pas. [Musique] Le Diamond, c’est notre blason, le symbole de l’organisation. Chaque clan a le sien. Leokai a son diamond, le Yamagigumi a son diamond et cetera. [Musique] Nous interdire de l’afficher, c’est de l’intimidation. C’est un moyen pour la police d’exercer une pression sur nous. On ne le comprend pas mais c’est ainsi. [Musique] À cause de mes tatouages, je ne suis plus autorisé à aller au bain public. Pourtant, de nos jours, on voit partout des jeunes tatoués de la tête au pied. C’est la mode. [Musique] Les footballeurs, les joueurs de baseball, les étrangers, ils en ont tous maintenant. Pourquoi on les arrête pas ceuxa ? Il porte des manches courtes et se baladent sans avoir de problème. Si nous, les Yakuza faisions cela, nous serions immédiatement arrêtés. J’avais beaucoup de contact avec la police à une certaine époque. Dans le temps, il m’arrivait d’aller manger avec eux pour obtenir des informations. Je pouvais leur demander est-ce qu’il y a un mandat d’arrêt contre moi ? Les flics répondaient non pas pour le moment. Il nous donnait ce genre d’information. C’était comme ça à l’époque. Maintenant, ils sont mués comme des carpes. Tu oublies. Ils sont très stricts à ce sujet. Désormais, on doit garder nos distances, sinon les flics se font licencier. Nous n’avons donc plus de relation avec eux et c’est bien triste. Au moment de Fukushima, les lois antigang venaient d’être promulguées. Il y avait déjà cette tendance au sein de la société d’éviter de faire des affaires avec les yakuzas. 8,9 sur l’échelle ouverte de Richer. Un séisme particulièrement violent, une secousse qui a déclenché un tsunami sur le nord-est du Japon. Des vagues de 10 m de haut qui ont tout emporté. Heute nun hat es imanischen Katastrophengebiet eine starke Explosion in einem Atomkraftwerk gegeben. Dabei wurde ein Reaktor im AKW Fukushima schwer beschädigt. Menschen sollen radioactiven sein. Tokyo Electric Power Company est l’un des plus grands fournisseur d’électricité au Japon. Elle gère des centrales nucléaires dans tout le pays. La centrale de Fukushima était défectueuse bien des années avant que l’accident se produise. Un homme d’affaires du Yamaguigi a même fait chanter TPO. Il a reçu des centaines de milliers de dollars en échange de son silence sur les défaillances de la centrale nucléaire. [Musique] Au Japon, quand une catastrophe se produit, les Yakuzas sont sans doute plus efficaces que l’Agence fédérale de gestion des urgences. Ils n’ont pas de contrainte, pas de paperasserie et ils disposent de relais sur place qui sont les mêmes personnes depuis des années. Ils savent qu’il a besoin de couche pour bébés. Ils savent que les sinistrés auront besoin de couverture, qu’ils auront besoin d’eau chaude, de douche, de toilettes, de nourriture et de tente. Ils possèdent des sociétés de transport routiers et ils ont beaucoup d’argent. Ils ont donc été très efficaces pour faire face à la catastrophe dès les premiers jours. Mais bien sûr, ce n’était pas totalement désintéressé. Pourquoi font-ils cela ? pour être perçu comme des organisations humanitaires. Les gens aiment les histoires du genre “Oh, les méchants deviennent les gentils”. [Musique] Quand il y a des catastrophes comme Fukushima, les Yakuza se rendent eux-mêmes dans les bâtiments endommagés pour déblayer la ferraille et le ciment à la place de l’État qui n’assume pas ses responsabilités. [Musique] Les Yakuza ont donc joué un rôle essentiel en fournissant la main d’œuvre pour le nettoyage de Fukushima. On dit qu’ils sont horribles parce qu’ils ont envoyé ces hommes sur la centrale nucléaire. Mais les Yakuza ont toujours fourni la main d’œuvre et du personnel sur ce genre de site. Et ça a toujours été dangereux. C’est un sale boulot que personne d’autre ne veut faire. Ils ont juste continué à faire ce qu’ils ont toujours fait. Et les gens qui y vont sont souvent d’anciens yakuza qui ne trouvent pas de boulot ou des gens en rupture de banc. Soit parce qu’ils sont très endettés, soit parce qu’ils ont commis un crime et qu’ils ont besoin de percevoir un salaire sans avoir à rendre de compte. Qui d’autre pour faire ce travail ? C’est probablement l’une des raisons qui font que les Yakuzas existent encore. Tant qu’il y aura des centrales nucléaires au Japon, il y aura des Yakuzas parce qu’il faut bien leur fournir de la main d’œuvre. [Musique] Le Japon est un pays qui a drastiquement changé en très peu de temps et en particulier pour les Yakuza repentis. [Musique] Dans le cadre de mon travail, j’en ai rencontré beaucoup qui m’ont dit à quel point il est difficile pour eux de survivre dans cette société. [Musique] Imaginez vivre sans compte bancaire dans le monde moderne. On ne peut absolument rien faire. [Musique] La plupart de ces gens qui sont parmi les plus pauvres et les plus démunis sont devenus Yakuza parce qu’ils n’avaient pas eu le choix. J’aimerais contribuer à changer les choses, aider les anciens Yakuza à trouver du travail et à s’intégrer. Mais pour cela, encore faut-il que la société les accepte ? J’ai quitté les yakuzas au moment où mes chefs changaient de rang. Je savais que ce n’était plus là que je voulais être. J’avais la réputation d’être un bagarreur, d’aller régulièrement en prison et de me castagner avec les autres détenus. Je pensais que c’était bien comme ça, mais petit à petit, avec l’âge, ça s’est estompé. Je me suis lassé de tout ça. C’est pourquoi j’ai pensé que je devais tirer ma révérence. Vous savez, avec élégance, il faut croire que les gens changent. J’ai changé. Certaines choses ont pris plus d’importance à mes yeux, des choses qu’on a envie de protéger. Ce n’est pas si simple de quitter les yakuzas. En fait, si vous l’aurez utile, ils ne vous laisseront pas partir. Mais si vous ne leur servez plus à rien, ils vous diront ciao sans aucun regret. J’ai eu de la chance. On m’a laissé partir en un seul morceau. [Applaudissements] Alors que les Yakuza en déclin pent à recruter, une nouvelle délinquence appelée Angouré prend le relais au Japon. Peu structuré, composé d’anciens yakuza ou de simples voyou. Ces bandes s’adonnent principalement à la criminalité de rue, Naguer interdite par le code d’honneur des Yakuza. [Musique] Ces angourés dont le phénomène a pris de l’ampleur. Ils sont sans fois ni loi. Ils violent des femmes, ils braquent des commerces et ils se foutent de tout. pas que j’essaie de nous lancer des fleurs à nous les yakuza. Non, mais ils sont différents de nous. [Musique] [Musique] On nous appelle les angourés. On dit que nous sommes les nouveaux yakuzas. Ce n’est pas faux, mais on a notre propre manière de vivre et on fait les choses d’un point de vue différent. Pour être honnête, nos activités sont quasiment les mêmes que celles des Yakuza. Mais il y a beaucoup de choses que les Yakuza ne peuvent plus faire selon la loi japonaise. Alors que nous, on a un compte bancaire, on peut acheter une voiture, on peut faire ce qu’on veut. Vous me demandez quelles sont les mauvaises choses que j’ai faites. Franchement, j’en ai fait tellement que je ne peux pas vous en donner une seule. Les pires choses que vous pouvez imaginer, je les ai faites. Mon nom est Kin. Je suis né dans un quartier pauvre. Quand j’étais adolescent, je n’arrêtais pas de me battre et même après être devenu adulte, j’ai continué à faire des conneries. J’en ai fait un paquet. Je viens de passer 5 ans en prison. J’en suis sorti l’an dernier. Les Yakuza gagnent de l’argent grâce aux boîtes, aux bars, au jeux d’argent et aux drogues. Nous aussi. Personnellement, je gère des bars à hautesse dans ce qu’on appelle au Japon l’industrie du sexe. Les relations hiérarchiques sont la norme chez les Yakuza. Chez les angourés, ça n’a rien à voir. Les angourés font les choses librement et sans contrainte. Nos liens, ce sont des liens d’amitié. On est juste une bande de copains. On est tout le temps ensemble. Je vis en faisant ce que j’aime faire. J’aime ça et je ne m’arrêterai pas. Si je dois en mourir et j’en mourrai sûrement, aucun problème. Les Yakuzas sont en voie de disparition. Leur époque touche à sa fin, même si personnellement, je pense qu’il devrait continuer d’exister. Mais je crois sincèrement que les gangs vont disparaître, que dans 5 ou 6 ans, il n’y en aura plus. Moi, je ne pense pas que les yakuzas vont disparaître. C ansci, c’est sûr, ils ne sont pas en odeur de sainteté et on aimerait bien être vu d’un œil plus chaleureux car au fond de nous, ce que nous voulons vraiment, c’est protéger le Japon. Les Yakuzas ont toujours insisté sur le fait que si vous les supprimez, le Japon tombera sous la coupe des mafias chinoises ou russes. Mais le fait est qu’à mesure que les Yakuzas disparaissent, que leur nombre diminue, la criminalité au Japon n’augmente pas. Quand la récession s’aggrave, la délinquence augmente. En ce moment, l’économie japonaise est au beau fixe. C’est pour ça qu’on a plus besoin des yakuzas. Mais si la situation change et si la police perd son pouvoir, les Yakuzas retrouveront leur place dans la société. Les Yakuzas sont allés trop loin. Après tout, les choses ne durent pas longtemps, n’est-ce pas ? Comme les vagues. L’avenir des Yakuza semble aujourd’hui incertain. Concurrencé par les angourés, leur fais gestes surveillés, les gangsters japonais ont le blues. Mais beaucoup d’entre eux, comme Takeshi Ichiyama qui a donné sa vie à l’organisation veulent encore y croire contre vents et maré. [Musique] Nous sommes à Katsuraama, préfecture de Kochi. J’y suis né et j’y est grande. C’est ici qu’une fois par an, autour du mois de décembre, notre boss Nomu Kaezawa rassemble ses hommes pour manger des baleines aussi grandes que l’océan Pacifique, afin que tous ensemble nous devenions de grands hommes. [Musique] [Musique] [Musique]

Documentaire disponible en rediffusion jusqu’au 05/05/2026

Voir la première partie : https://youtu.be/nZIRoc19LhY

Second volet de cette histoire des yakuzas. Au cours des années 1980, alors que le Japon connaît une prospérité sans précédent, les yakuzas vivent leur âge d’or. Ils créent des entreprises légales, règnent sur les travaux publics et l’immobilier comme sur les industries du divertissement et du sport, possèdent des sociétés de crédit et s’étendent sur de nouveaux territoires, tel Hawaii.

En 1990, l’effondrement du yen installe durablement le pays dans la crise. Le chômage grimpe en flèche, et des scandales à répétition éclaboussent le monde politique, la finance et les grandes firmes, révélant l’implication des yakuzas dans tous les secteurs de l’économie. De nombreux politiciens, dont le crime organisé finance les campagnes électorales, sont alors acculés à la démission. Créé en 1955 grâce aux fonds des yakuzas et des États-Unis, le Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir est particulièrement touché. Le FBI ayant mis au jour l’infiltration des yakuzas à Hawaii, l’administration Obama fait pression sur le gouvernement nippon pour qu’il les réprime, à l’heure où une série de faits divers ensanglante le pays et achève de dresser la population contre eux. En 2011, les préfectures prennent des ordonnances qui restreignent leur liberté. Ces mesures d'”exclusion du crime organisé” sont entérinées par le Parlement un an plus tard. Mais si les effectifs des yakuzas diminuent, leur déclin profite à des bandes plus violentes et moins structurées : les hangure.  

Monde vacillant 
Nourrie d’archives et de saisissants témoignages, cette enquête chronique un monde crépusculaire. Hier acceptés et respectés, les yakuzas, gangsters légendaires qui ont enflammé les imaginaires et dont les films de Takeshi Kitano ont si justement restitué l’univers, sont aujourd’hui sur le déclin. Face à la caméra de Michaël Prazan, plusieurs d’entre eux, actifs ou repentis, se confient, la plupart à visage découvert, avec sincérité et une dignité de seigneurs déchus. Bravant la répression policière et les interdictions qui pèsent sur leurs prises de parole, ils racontent leur mode de vie clanique et plaident leur cause, défendant leurs valeurs et leurs traditions. Plongé au cœur de ce monde vacillant, le film retrace aussi en filigrane, à travers l’omniprésence de ces mafieux dans des secteurs clés de l’économie nipponne et leurs accointances avec les sphères politiques, l’histoire récente d’un Japon gangrené par la corruption. Auteur du best-seller Tokyo Vice, le journaliste américain Jake Adelstein, qui a longuement travaillé sur le crime organisé pour l’un des plus grands quotidiens du pays, détaille savamment les étapes qui ont mené les yakuzas au bord du gouffre, alors que deux membres des hangure, leurs successeurs, concluent le film avec la désinvolture et l’arrogance de nouveaux conquérants. Pourtant, si l’avenir des anciens paraît aujourd’hui compromis, certains, comme Takeshi Ichiyama, qui a donné toute sa vie à l’organisation, ne désarment pas et veulent encore y croire.

YAKUZA
Documentaire de Michaël Prazan (France, 2021, 53mn)

#yakuza #japon #documentaire #mafia

Abonnez-vous à la chaîne ARTE https://www.youtube.com/channel/UCwI-JbGNsojunnHbFAc0M4Q/?sub_confirmation=1

Suivez-nous sur les réseaux !
Facebook : http://www.facebook.com/artetv
Twitter : http://www.twitter.com/artefr
Instagram : https://www.instagram.com/artefr