L’Amérique est piégée. Le Japon réclame son argent
Depuis plusieurs semaines, une déflagration silencieuse secoue la finance mondiale. Pendant que le monde avait les yeux rivés sur le bras de faire politique entre le Japon et la Chine, les médias tournaient en boucle. On analysait les déclarations de la première ministre japonaise. On décortiquait les réactions de Pékin. On nous présentait cela comme un simple jeu d’influence en Asie. Mais pendant que les géopoliticiens regardaient ailleurs, un événement bien plus lourd de conséquences se préparait sous la surface. Discrètement, sans communiqué triomphant ni conférence de presse, le Japon a actionné un levier financier. Un simple levier qui a déclenché l’une des vagues de vente les plus violentes et synchronisées sur les marchés américains depuis 2020. L’onde de choc ne s’est pas arrêtée à Wall Street. Elle a frappé l’économie mondiale de plein fouet. Ce n’était pas la Chine qui bloquait ses exportations. Ce n’était pas la réserve fédérale américaine qui s’était trompée sur l’inflation. Ce n’était ni une guerre au Moyen-Orient, ni des résultats décevants dans la tech. Au contraire, les géants de la technologie annonçaient des bénéfice record et pourtant leurs actions ont dévissé comme si on leur avait retiré le sol sous les pieds. La réalité est contreintuitive. Tout est partie du Japon. L’allié le plus fidèle de Washington. Une décision de politique économique purement domestique a suffi à faire évaporer des milliers de milliards de dollars de la tech américaine et à percer la bulle de l’intelligence artificielle. Il faut bien comprendre l’impact pour vous. Si votre épargne repose sur une assurance vie, un PEA ou des fonds indiciels ETF et que ces fonds suivent la dynamique technologique, votre capital a été écrasé dans ce mouvement. le plus frappant. Le Japon ne voulait faire aucun dégât. Tokyo a simplement commencé à démanteler, pas à pas une politique vieille de plusieurs décennies. Une anomalie que le monde entier avait fini par considérer comme acquise, comme un élément du décor. Mais à partir de là, tout s’est enchaîné. Le yen s’est envolé, le fameux carry trade s’est effondré. En quelques jours, des actions jugées intouchables par Wall Street se sont mises à chuter ensemble en parfaite synchronisation. Regardez les cryptonnaies, elles ont littéralement plongé. Le Bitcoin a dévissé de ses sommets historiques passant de près de 126000 dollars en octobre à environ 84000 dollars fin novembre. Une chute brutale de 30 %, l’Etheréum a perdu près de 40 %. À un moment critique, le Nasdaq perdait 3 % en une seule semaine. Même le géant Nvidia a reculé d’environ 15 % après avoir dépassé les 212 dollars, effant plus de 500 milliards de dollars de valorisation. Amazon, Meta, Tesla, toutes se sont effondrées en cœur et le carnage n’a pas épargné la nouvelle ruée vers l’or, l’infrastructure de l’intelligence artificielle. Des acteurs clés du cloud IA comme Corwiive, pourtant chouchou des investisseurs, affiche des baisses avoisinant les 40 %. Nébius, Irene et bien d’autres ont vu leur valorisation brutalement révisées à la baisse. Pourquoi ? Parce que le capital se raréfie et que le coût du financement en dollars s’envole. Résultat, le spectre de la bulle IA est désormais partout. Si vous écoutez les analystes géopolitiques et financier, le message est unanime. Quelque chose cloche. Les investisseurs ont commencé à larguer les valeurs dont les prix ne correspondaient en plus à la réalité des revenus. L’OCDE, la Banque d’Angleterre, le chef économiste du FMI, tous ont tiré la sonnette d’alarme. Les comparaisons avec la bulle internet des années 2000 se multiplient, réveillant l’écho inquiétant du craq des Docom. Ce climat anxiogène est aggravé par le cœur même du secteur. Open AI, l’épicentre de cette nouvelle économie brûle des milliards de dollars qu’elle ne possède pas encore. Le débat est même allé jusqu’à évoquer l’idée d’un backstop gouvernemental, un filet de sécurité publique pour soutenir une industrie qui serait déjà devenue too big to fail, trop grosse pour faire faillite. L’image est cruelle mais juste. Certains acteurs de LIA semblent bâtir des châteaux de données sur une montagne de dette et d’anticipation. En parallèle, les marchés ont dû se rendre à l’évidence concernant la réserve fédérale américaine. La baisse des taux espérés pour décembre devient de moins en moins probable. Largent, facile que beaucoup attendaient pour se repositionner massivement sur la tech risque d’être bien plus coûteux que prévu. C’est un point fondamental à comprendre. Les actions peuvent monter indéfiniment tant qu’il y a des acheteurs et tant que ces acheteurs ont accès à du levier et à de l’argent pas cher. Quand ce robinet se ferme, la musique s’arrête. Mais tout cela, ce n’est que la surface du problème. Derrière le débat sur la bulle de l’IA, derrière l’attente fébrile des décisions de la Fed, se cache un mécanisme bien plus ancien, une opération financière qui tourne en silence depuis des décennies et que cette crise vient brutalement de mettre à nu. La vérité crue, c’est que depuis 25 ans, les États-Unis vivent sous perfusion de la liquidité japonaise. La révolution de LIA, le supercycle des géants de la tech, la grande époque des taux zéro, le financement infini des start-ups de la Silicone Valallet, tout cet édifice repose sur une seule fondation invisible. la possibilité d’emprunter à un coût dérisoire dans la monnaie japonaise, le yen. C’est ce crédit en yen à coût quasi nul qui a alimenté les paris colossaux sur les actions américaines, les cryptos et tout l’écosystème de l’IA. Et ce mois-ci, le Japon a retiré cette fondation discrètement, presque en coulisse. Maintenant, observez bien à quelle vitesse tout commence à s’effondrer. La nouvelle première ministre japonaise a mené une opération de diversion presque parfaite. Pendant des semaines, elle a saturé l’espace médiatique en provoquant des remous diplomatiques avec la Chine. Ces mises en garde contre la coercition stratégique de Pékin et sa promesse d’un Japon plus agressif dans l’Indo- Pacifique ont fait la une de tous les journaux en Asie. Pour la majorité des commentateurs, c’était du théâtre classique, un simple bras de fer rétorique dans la géopolitique asiatique. Mais pendant que le monde commentait ces phrases choc sur la Chine, elle faisait passer en interne un agenda d’une toute autre ampleur. La réalité se jouait ailleurs. Elle lançait un programme domestique massif étalé sur plusieurs années. Relance de l’industrie japonaise, hausse des salaires, revitalisation du tissu social et sécurité énergétique. L’ambition de ce plan dépasse tout ce que le Japon a tenté depuis des décennies. Mais ce plan a un prix et pour le financer, il n’y a qu’une seule option : laisser la Banque du Japon démanteler sa politique de taux ultra bas. Les chiffres sont vertigineux. La Banque centrale va émettre 11,7 trillions de yennes de nouvelles obligations d’État. C’est une augmentation massive par rapport aux 6,7 trillions de l’année précédente. Dans la foulée, le gouverneur de la Banque du Japon a lâché la bombe. Une hausse des taux est sur la table pour décembre. Les marchés qui détestent l’incertitude ont immédiatement réagi. Ils intègrent désormais une probabilité de 80 % de voir les taux montés. Conséquence directe, les rendements des obligations d’état japonaises s’envolent. Le taux à 2 ans a franchi les 1,02 %, un niveau inédit depuis 2008. Le taux à 10 ans frô les 1,8 % sont plus haut depuis 17 ans. Cela peut sembler technique mais l’impact est tectonique. Cette simple anticipation de la fin des taux zéro au Japon a suffi à enclencher une réaction en chaîne mondiale. Pourquoi ? Parce que depuis des décennies, le Japon maintenait ses taux au plancher. Les investisseurs du monde entier profitaient de cette anomalie pour emprunter des yen presque gratuitement, les convertir en dollars et acheter des actifs américains juteux. Une partie colossale de cet argent gratuit est venue se loger dans les actions américaines, les cryptoonnaies et les bons du trésor. C’était le carburant invisible de la hausse et ce carburant vient d’être coupé. Sur le papier, le mécanisme est d’une simplicité redoutable. C’est ce qu’on appelle le carry trade. Voici comment ça marche. 1. Vous empruntez des yenes au Japon à un taux proche de zéro. C’est de l’argent quasi gratuit. 2. Vous convertissez ces yennes en dollars. 3, vous placez ces dollars dans des actifs américains qui rapportent beaucoup plus. Vous gagnez sur les deux tableaux. D’abord sur la différence de rendement. Et si le yen reste faible au moment de rembourser, vous gagnez une deuxième fois. Il vous faudra moins de dollars pour rembourser votre dette initiale. Ce n’est pas un jeu réservé à quelques edge funds spéculatifs. On y trouve des fonds de pension japonais, des assureurs, toute une galaxie d’investisseurs institutionnels. Le volume total de ces investissements dépasse les 4500 milliards de dollars. Pour vous donner une image, si l’industrie automobile a été le moteur physique du Made in Japan, le Carry Trade en est l’équivalent financier. est devenu le système circulatoire de la finance mondiale. C’est cette machine qui a inondé la Silicone Vallée de liquidité, qui a financé le capital risque, les fournisseurs de cloud et l’ensemble du système américain. Mais quand le Japon siffle la fin de la récréation, ce moteur ne se contente pas de ralentir. Il se met brutalement en marche arrière. Le yen qui servait de carburant bon marché s’enflamme. Il se renforce violemment face au dollar. Et pour tous ceux qui ont emprunté en yennes, la facture explose. Prenons un exemple concret. Imaginez que vous avez emprunté 155 yen quand cela valait 1 dollar. Si le yen se renforce et passe à 154 pour 1 dollar, vous devez toujours rembourser vos 155 yen à la banque. Sauf que maintenant votre dollar ne suffit plus. Il vous faut rajouter de la poche pour racheter votre dette. La différence semble dérisoire sur un billet de banque, mais transposer cela à l’échelle de Wall Street, les traders ne jouent pas avec de la petite monnaie, mais avec des milliards de dollars et des trillions de yennes. Sur un portefeuille d’un trillion de yennes, ce qui est courant pour une grande banque, ce minuscule écart de change se transforme instantanément en une perte sèche d’environ 40 millions de dollars. À cette échelle, la moindre variation de change n’est plus une statistique. C’est un missile pointé directement sur le bilan des acteurs surendettés. C’est à ce moment précis que le coup pré tombe les fameux appels de marge. Les fonds qui ont joué avec un fort effet de levier, ceux qui ont emprunté massivement pour maximiser leur gain se retrouvent soudain prises à la gorge. Avec le yenne qui grimpe, leur dett explose. Ils ont un trou béant dans leur bilan qu’il faut combler immédiatement. La seule solution, vendre. Pas par choix. Par obligation. Ils doivent vendre leurs actions américaines, vendre leurs cryptonnaies, vendre tout ce qui est liquide pour récupérer du cash. Ils ne le font pas calmement en ajustant leur stratégie. Ils le font dans la panique. Ils vendent au prix du marché quel qu’il soit. C’est ce qui explique ces chutes verticales comme si les cours tombaient d’une falaise. Le Nasdaq n’est plus épargné. Ce que vous voyez, ce ne sont pas des investisseurs qui changent d’avis sur la qualité d’une entreprise. Ce sont des liquidations forcées. C’est de la survie pure. À chaque fois que le marché tente de rebondir, une nouvelle vague d’acteurs étranglés profitent de l’occasion pour vendre encore et réduire leur risque. Le rebond est étouffé dans l’œuf. C’est dans ce chaos que le doute s’installe sur l’intelligence artificielle. Les investisseurs se demandent si l’envoler n’est pas allé trop loin. Attention, ce n’est pas parce que la technologie a cessé de fonctionner, c’est parce que les acheteurs n’ont plus accès au cash gratuits qui finançaient leur optimisme. Ce n’est pas une crise de fondamentaux, c’est une crise de liquidité. Pour les sociétés d’infrastructure IA, le choc est d’une violence absolue. Pensez à leur modèle économique pour construire des fermes de GPU, des data center titanesques, renforcer les réseaux électriques. Il faut des capitaux monstrueux. Ces entreprises dépendent d’un argent bon marché pour financer leur croissance. Soudain, elles font face à une explosion de leur coût d’emprunt alors que leur revenus actuel ne suffisent pas encore à payer les intérêts. Toute la dynamique de l’IA que l’on croyait invincible reposait en réalité sur une condition tacite, des taux d’intérêt mondiaux très bas ancrés par le Japon. C’est la vérité que personne ne voulait regarder en face. L’économie de Lia s’est construite sur des lignes de crédit en dollars, abondantes et bon marché. Dès l’instant où le Japon a commencé à fermer le robinet, ses canaux se sont asséchés. La chronologie de cette crise donne le vertige. Jour 1. Les déclarations de la première ministre japonaise sur la Chine saturent les médias. On analyse son ton, on décortique sa stratégie, mais son agenda économique lui passe inaperçu. Jour 3. Quelques rares analystes comprennent que son plan de dépense va forcer la main à la banque centrale. Jour 5, le yen s’envole de 2 %. Jour 7, les edge fund commencent à paniquer et débouclent leur position sur la tech. Jour 10, le NASDAQ enchaîne les séances de baisse supérieure à 3 %. Jour 30, le diagnostic tombe enfin. La cause profonde n’est ni la guerre, ni l’économie américaine, ni l’inflation. La racine du choc, c’est la décision du Japon de laisser ces taux remonter pour la première fois depuis une génération. Soyons clair, Tokyo n’a pas fait ce choix pour nuire à l’Amérique. Le Japon agit par nécessité vitale. Pour la première fois, le pays affronte une vraie inflation, des revendications salariales légitimes et des besoins impératifs en matière de défense. Le programme de la première ministre doit être financé. Cela exige des rendements plus élevés et cela force le yen à se renforcer. C’est ici que l’ironie est mordante. Pendant des années, Washington a désigner la Chine comme la menace ultime pour sa domination financière. Pourtant, le plus grand choc de l’année ne vient pas de Pékin, mais de Tokyo. Et contrairement à la Chine, les États-Unis ne peuvent pas sanctionner le Japon pour avoir simplement normalisé sa politique monétaire. Washington ne peut pas dicter lois à la Banque du Japon. Cette situation place la réserve fédérale américaine, la Fed, dans un piège absolu. Si la Fed monte ses taux pour défendre le dollar, elle risque d’étouffer l’économie américaine et de provoquer une récession, ce qui irait contre la volonté de Donald Trump. Mais si la Fed ne fait rien ou baisse ses taux, le yen continue de se renforcer mécaniquement et à chaque hausse du yen, le carry trade explose un peu plus, entraînant de nouvelles liquidations massives à Wall Street. Dans les deux cas, l’Amérique est coincée sur la ligne de faille. À l’horizon 2025 à 2026, nous entrons dans une nouvelle ère. Une ère où la Banque du Japon ne sera plus la pompe à liquidité du monde. Une ère où la croissance de l’IA ne sera plus dopée par de l’argent gratuit. Les géants technologiques vont devoir justifier leur valorisation dans un monde de taux d’intérêt réel. Pour la première fois depuis 30 ans, les flux de capitaux mondiaux changent de sens. Ils ne partent plus du Japon pour inonder le monde. Ils commencent à rentrer à la maison.
Pendant que le monde avait les yeux rivés sur la Chine, une déflagration silencieuse a secoué la finance mondiale. Le Japon, allié historique des États-Unis, vient d’actionner un levier qui a fait évaporer des milliers de milliards de dollars en quelques jours.
Ce n’est pas une guerre commerciale classique. C’est la fin d’une anomalie financière vieille de 20 ans : le “Carry Trade”. Du Bitcoin à Nvidia, en passant par la bulle de l’Intelligence Artificielle, découvrez comment la décision de la Banque du Japon de remonter ses taux a coupé le robinet de l’argent gratuit qui dopait Wall Street.
Pourquoi le Yen s’envole-t-il ? Pourquoi les hedge funds vendent-ils tout en panique ? Et surtout, pourquoi la Réserve Fédérale américaine se retrouve-t-elle dans un piège absolu ? Analyse d’un krach invisible qui change tout pour votre épargne.
1 Comment
Quand on ne voit plus loin que le bout de son nez Japon se laisse manipuler par USA pour étranglé chine pas d'armées des bases militaires USA sur ton sol ……..😂😂😂