“Le Japon ne décollera pas ? Faux !”, répond Céline Piquemal-Prade

Vous foudroyez cette idée qu’une fois plus le Japon, comme après les Abenomic viendrait à décevoir. Vous foudroyeer cette idée qu’il s’agirait d’un nouveau faux départ. Pourquoi vous croyez cette fois au réveil de l’économie japonaise ? Céine ? Alors Guillaume, je pense que les choses sont différentes cette fois-ci et très différentes. Euh tout d’abord, vous parliez tout à l’heure de la hausse des salaires. Il faut quand même avoir en tête que la progression de 5,5 % des salaires qu’on a connu cette année, c’est du jamais vu depuis 1989. Donc ça fait plus de 30 ans qu’on n pas vu ça. Donc c’est quand même unique. La deuxième chose c’est que on a des taux, on a vu le 10 ans japonais qui sont passés à quasiment 2 %. Là aussi c’est du jamais vu depuis 1996 donc ça fait quasiment 30 ans. Donc on est sur des temps très très longs. Et troisème chose pour la première fois depuis là aussi plus de 20 ans, on laisse les sociétés faire faillite au Japon. C’est incroyable parce que il faut savoir qu’on a 250000 sociétés zombies au Japon. Des sociétés qui survivent parce que les taux reste à zéro et qu’on les laisse survivre. Donc on a vraiment des marqueurs que je n’avais moi-même jamais vu et que nombre d’entreprises n’avaient jamais vu au Japon. Surtout toute génération. Chassé naturel, il vient au galot. Les sociétés japonaises restent bien plus mal gérées que les entreprises américaines ou européennes. 41 % du PIB japonais en cash dans les sociétés japonaises compte 25 % en Europe. C’est vrai Guillaume que il y a pas tous les indicateurs qui sont ouverts, mais ce qui compte c’est la tendance. Et comme je le lisais tout à l’heure, du côté des entreprises, on voit des choses bouger. Vous voyez que c’est deux fois plus de fusion acquisition au Japon qu’il y a 5 ans aujourd’hui. Vous voyez que vous avez deux fois plus de sociétés publiques qui sont achetées par le privé parce qu’il y a des activistes qui disent “Mais finalement ce cache, il faut qu’on aille le chercher, il faut qu’on aille le déployer différemment.” Donc ce sont des choses qui bougent et quand les choses bougent, ben ça pousse les management à faire des choses différentes parce qu’elles ont peur de se faire acheter par des activistes. Et du coup, on a un impact positif du côté des marges des entreprises tout simplement qui sont passées de 2 % à 8 % au cours des 10 dernières années. Donc c’est une véritable amélioration qui se fait sentir du côté de l’actionnaire parce que par exemple les dividendes sont passées à 2 %. Ça paraît tout petit mais 2 % de dividendes au Japon, c’est beaucoup et c’est deux fois plus que les dividendes que vous avez euh sur des sociétés américaines. Donc c’est des petits signaux mais c’est des signaux quand même très très nouveaux. Hyper intéressant. Julien alors merci pour votre argumentaire parce qu’il est quand même toujours très percutant et là les entreprises zombies au Japon ça me rappelle l’Italie he en vrai mais il y a quand même un truc dans votre argumentaire c’est le yen et notamment le le car le le excusez-moi les effets de change en fait qui faisaient qu’on plaçait on appelle ça déjà le carry trade carry trade qui plaçait hors du Japon là on on risque de revivre ce qu’on a vécu à l’été de 2024 puissance mais alors puissance 1000 avec un yen qui grimpe et qui avait beaucoup des entreprises japonaises en bourse he en 2022 2023 pourquoi est-ce que serait différent et pourquoi est-ce que là on arriverait quand même à monter sur ces places sachant qu’on a ça ? Alors effectivement Julien c’est un excellent point. Le yen c’est la devise la plus décotée au monde. On a une décote du yen d’à peu près 45 % parité power d’achat par rapport aux autres devises et ça c’est un énorme risque pour non seulement le Japon mais surtout pour l’ensemble des places financières. Pourquoi ? parce que vous avez beaucoup beaucoup d’argent qui a été investi par les Japonais à l’étranger. Donc on risque effectivement d’avoir un rapatriement d’argent vers vers le vers le yen et vers le Japon. Mais je vois en ça quelque chose de positif. positif parce que si on rapatrie de l’argent au Japon, bien ça risque à l’inverse pour moi de porter potentiellement le marché japonais hein parce que vous avez aujourd’hui en investissement à l’international 82 % du PIB japonais en valeur. C’est colossal. Donc si on rapatrie cet argent et qu’on le remet en investissement au Japon, c’est peut être potentiellement très important. Et la deuxième chose, comme on le disait tout à l’heure, c’est que si on a une mécanique de taux d’intérêt qui repart à la hausse et d’un yen plus fort, et bien ça peut tout simplement permettre enfin un marché domestique plus sain. Et comme je lisais tout à l’heure, le problème du Japon, c’était pas euh le le le capital qui était très disponible, c’était le fait qu’il était mal utilisé. Et bien si on a des taux plus importants, plus élevés, qu’on a un yen plus élefé, ça vous pousse à être enfin beaucoup plus productif. Et ça c’est un grand changement qui peut potentiellement changer la donne pour le Japon et pour les entreprises. On est passé de 2 à 8 % de marge opérationnelle. Demain, on peut être beaucoup plus haut et on peut avoir un retour sur investissement plus élevé. Et c’est cette dynamique-là qui m’intéresse. Et c’est cette dynamique-là qu’on voit à l’œuvre quand on parle aux sociétés japonaises aujourd’hui. Et c’est pour ça que ce qui m’intéresse au Japon, c’est pas les sociétés exportatrices, mais les sociétés domestiques d’ailleurs. Euh parce que si on a un yen qui est plus fort, par contre effectivement ça ris plus difficile pour les sociétés exploitatrices. Il y a ça, il y a les si les taux continuent de grimper, bah ça risque d’être un problème pour la croissance. Alors effectivement, c’est un excellent point Antoine, mais là aussi le on peut voir l’autre côté de la de la pièce parce que si on a effectivement des taux d’intérêt plus élevés au Japon, ça va permettre aux entreprises d’être mieux géré et on va avoir ce rapatriement d’argent. Pourquoi ? parce que on va en parler je pense tout à l’heure, mais ce qui se passe aujourd’hui c’est que on est dans un environnement où on a une banque centrale américaine qui est sous pression pour faire baisser à tout prix ces taux d’intérêt parce que on a une indépendance qui est en train d’être perdue. Donc on a des taux qui sont à 4 % aux États-Unis qui devraient passer à beaucoup plus bas au cours des prochains mois. De l’autre côté au Japon, on est à 0,5 % de taux d’intérêt courts et on est toujours avec des taux réels négatifs hein parce que l’inflation est à 3 % donc on est sur un taux réel négatif de 2 %. Donc si vous faites monter un petit peu les taux d’intérêt courts au Japon et que vous êtes un investisseur international ou un investisseur japonais, vous vous dites finalement est-ce qu’il faudrait pas que j’aille jouer euh les taux courts chez moi plutôt que d’aller prendre un risque de change en allant investir sur du dollar américain avec un taux des taux courts qui sont en train de baisser et on le sait hein, les devises et les marchés sont guidés aussi par le différentiel de taux d’intérêt. Donc on risque d’avoir des taux plus intéressants d’un côté du Pacifique que de l’autre. Alors certes, sauf que ce sont les taux courts là, les taux longs. Regardez 10 ans japonais, il est déjà sur des plus hauts de 2008 à 2 % le 30 ans à plus de 3 % le 30 ans, il est sur des plus hauts historiques. Ça ça va peser sur l’économie quand même, on l’imagine. Mécaniquement ça devrait peser. Ça obligera chacun à s’améliorer. Ça on est d’accord. Alors effectivement, ça oblige ça oblige les intervenants à s’améliorer et c’est ça Guillaume qui est important pour moi, c’est qu’effectivement vous comme une bonne récession, ça oblige à s’améliorer et ça non, ça ça permet de consolider le marché. La maladie du Japon depuis 30 ans, c’est qu’on n’ pas de consolidation entre les acteurs. Je le disais tout à l’heure, augmentation des fusion acquisition, augmentation du passage public privé, activisme plus important et donc on a un changement véritable de comportement de la part des entreprises. Et c’est ça qu’on avait pas au Japon parce qu’on continue à avoir des sociétés zombies. Et donc pour moi les faillites c’est bien, c’est bien parce que ça permet enfin aux sociétés qui étaient bien gérées de prendre des parts de marché, d’être de profiter de cette disparition de sociétés zombies qui leur faisait de la concurrence en ayant des marges très faibles. He faut savoir qu’il y a vous avez 850 chaînes de supermarché au Japon. La moyenne de la moyenne de des marges de ces chaînes de supermarché c’est 1 %. Elles font quasiment pas de marge, mais elles continuent à survivre. Il y a 850. il y a 850 march voilà entreprises différentes de supermarchés tr surtout qui domin les trois superettes 7even mais les chaînes de supermarché là on parle de petitte de de juste des département store mais en général 850 chaînes différentes he plus de deux magasins différents quelle société il reste 20 secondes pour investir au Japon vous disiez surtout pas les exportatrices au contraire faut revenir sur les domestiques japonaises par exemple alors donc effectivement Pan Pacifique qui a une société qui s’appelle donc Don Kiroté qui est le leader des petits magasins de farfouille voilà qui vous permett de profiter d’un environnement plus compliqué pour des petits prix donc ça c’est une soci qui me semble très bien positionné panne pacifique donc voilà merci beaucoup Céline vous restez avec nous ça vous dit tout à fait elle reste on est ensemble pour encore une petite heure et dans un instant c’est la dernière demi-heure de cette séance qu’on va vivre ensemble avec Céline à nos côtés qui continuera beaucoup de force de conviction toujours un argumentaire très clair que vous pourrez retrouver en RP d’ailleurs mais elle continuera de nous apporter sa vision des marchés au-delà du Japon

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1 Comment

  1. C’est qui ces gens-là qui s’occupe du Japon c’est pas des ministres c’est quoi leur problème est-ce qu’on a besoin de leur avis ? Est-ce qu’elles y connaissent quelque chose en politique ils sont tous sur c’est des secrétaires