Le Yen s’écroule, les taux explosent : la crise que personne ne croyait possible

Pendant 20 ans, parier contre le marché obligataire japonais était surnommé le faiseur de veuve. Un paris qui a ruiné tous ceux qui s’y sont essayés. Des hedgefund légendaires, des banques d’investissement prestigieuses, des traders réputés infaillibles. Tous ont été anéantis en pariant sur l’effondrement inévitable des obligations japonaises. La Banque du Japon semblait invincible, imprimant de la monnaie à l’infini pour maintenir les taux d’intérêt à zéro. Mais en 2025, quelque chose change. Le faiseur de veuve se réveille. Les rendements obligataires japonais explosent à des niveaux jamais vu depuis une génération. Les obligations à 30 ans atteignent des records historiques à 3,4 %. Le yen s’effondre passant de 100 à 156 pour un dollar. Et la Banque du Japon, piégée dans un cercle vicieux, mathématiquement insoluble, ne peut que regarder sa stratégie de décennies, se désintégrer en temps réel. Bienvenue dans Mécanique financière, là où la finance devient une histoire et l’histoire une leçon économique. Ce que je vais vous raconter est l’histoire des calculs mathématiques terrifiants qui soutentendent l’effondrement potentiel de la 3è économie mondiale. Comment une dette atteignant 237 % du PIB crée une impossibilité arithmétique qui ne peut se résoudre que par l’inflation massive ou le défaut ? Comment la Banque du Japon possède maintenant 50 et 1 % de toutes les obligations gouvernementales transformant le marché en fiction comptable ? Comment chaque hausse de taux d’intérêt d’un/4 de pour génère des milliards de dollars de pertes instantanées sur le portefeuille obligataire de la BOJ ? Comment le gouvernement japonais doit refinancer des centaines de trillions de yennes de dettes chaque année créant une vulnérabilité catastrophique au taux montant et comment cette dynamique influence la stabilité financière mondiale bien au-delà du Japon. C’est l’histoire d’un piège économique se refermant inexorablement où toutes les options mènent au désastre et où le temps des solutions faciles est terminé. Pour comprendre la profondeur terrifiante de la crise obligataire japonaise en 2025, il faut d’abord saisir comment le Japon est arrivé à cette situation unique et dangereuse. L’histoire commence en 1991 avec l’éclatement de la bulle d’active japonaise la plus massive de l’histoire moderne. Le nikai s’effondre de 39000 à 15000 en 2 ans. L’immobilier toky perd 70 % de sa valeur en une décennie. Les banques japonaises exposées massivement aux prêts immobiliers et boursiers accumulent des créances douteuses colossales. La réponse du gouvernement japonais a été de stimuler l’économie via des dépenses publiques massives et de maintenir les taux d’intérêt ultra bas via la Banque du Japon. De 1992 à, le Japon a connu 33 années de ce que les économistes appellent les décennies perdues. Période de croissance anémique, de déflation persistante et de dettes publiques explosant exponentiellement. La dette gouvernementale japonaise était à 60 % du PIB en 1990. Elle atteint 100 % en 1998, 150 % en 2005, 200 % en 2010 et maintenant en 2025, elle culmine à environ 237 % du PIB selon les données du FMI. C’est le niveau le plus élevé de toute nation développée dans l’histoire moderne. Pour mettre ce chiffre en perspective, la dette américaine est à 124 %. La dette italienne, longtemps considérée comme crise potentielle européenne, est à 137 %. La dette greque au pire de sa crise était à 210 %. Le Japon dépasse tous ses niveaux de crise reconnu et continue d’augmenter. Le montant absolu est encore plus vertigineux. La dette gouvernementale japonaise totale atteint 1324 trillions de yennes fin mars 2025. Converti en dollars à 156, cela représente environ 8,5 trillions de dollars. C’est plus que le PIB annuel total de toutes les économies africaines combinées. C’est presque deux fois le PIB allemand. Alors, comment le Japon a-t-il pu accumuler cette dette colossale sans effondrement ? La réponse est un mécanisme financier unique et de plus en plus fragile. La Banque du Japon achète directement les obligations gouvernementales, les retirant essentiellement du marché et empêchant les rendements de monter. Ce processus appelé quantitative easing au début est devenu si massif qu’il transforme fondamentalement la nature du marché obligataire japonais. En 2013, sous le gouvernement d’Abeschinzo, le Japon lance ce qu’on appelle Abenomix, combinaison de stimulation fiscale agressive et d’assouplissement monétaire massif. La Banque du Japon sous le gouverneur Kuroda Harouiko annonce qu’elle doublera la base monétaire en 2 ans via l’achat d’obligation gouvernementale à une échelle jamais vue. Les achats sont si massifs que la part des jiges B détenus par la BOJ explose. En 2012, la BOJ déenait environ 11 % des obligations gouvernementales. En 2016, 38 %. En 2020 43 %. En 2024 53,2 %. En juin 2025, environ 51 % selon les dernières données. Pensez à ce que cela signifie. Plus de la moitié de toute la dette gouvernementale japonaise est maintenant détenue par sa propre banque centrale. En termes pratiques, le gouvernement japonais doit de l’argent à lui-même. Les intérêts payés sur ces obligations retournent au gouvernement comme profit de la banque centrale. C’est essentiellement de la monétisation directe de la dette. Mécanisme théoriquement interdit mais pratiqué à une échelle colossale. Ce système a créé une stabilité artificielle pendant plus d’une décennie. Les rendements obligataires japonais sont restés proches de zéro, même quand d’autres nations développées voyaient leur taux monter. Le gouvernement pouvait emprunter des centaines de trillions de yennes à presque aucun coup d’intérêt. Le système semblait défier toutes les lois économiques connues. C’est cette apparente invincibilité qui a créé le surnom faiseur de veuve pour ceux qui pariaient contre. Kyle Bass, gérant de edgefund célèbre, a parié des milliards contre les JGB dès 2010, convaincu que le système était insoutenable. Il a perdu des fortunes pendant plus d’une décennie. De nombreux autres traders institutionnels ont essayé et échoué similairement. Mais en 2025, les fissures deviennent impossibles à ignorer. Le premier problème est l’inflation mondiale qui force même le Japon à sortir de sa déflation de 30 ans. L’inflation japonaise qui était négative ou proche de zéro pendant des décennies monte à 2,8 % en 2023 et reste obstinément au-dessus de 2 % en 2024 et 2025. Cette inflation force la Banque du Japon à envisager des hausses de taux pour la première fois depuis 2006. En mars 2024, la BOJ abandonne finalement sa politique de taux négatif et le yield Curve Control qui plafonnait les rendements obligat 1 %. Cette décision, longtemps retardée, ouvre les vannes. Les rendements obligataires japonais explosent immédiatement. L’obligation à 10 ans, maintenue artificiellement sous un % pendant des années, monte à 1,9 %, début décembre 2025, niveau jamais vu depuis 2007. L’obligation à 30 ans atteint 3,4 %. Record historique absolu existent en 1999. Cette montée des rendements crée plusieurs problèmes catastrophiques simultanément. Le premier est l’impact sur le portefeuille obligataire de la Banque du Japon elle-même. La BOJ détient environ 540 trillions de yennes d’obligations gouvernementales, environ 51 % du total. Ces obligations ont été achetées quand les rendements étaient approches de zéro. Quand les rendements montent, les prises obligataires existants s’effondrent. C’est une relation mathématique inverse. Si une nouvelle obligation paye 3 % et que vous détenez une ancienne obligation payant 0,5 %, personne ne veut acheter votre ancienne obligation au prix facial. Son prix de marché s’effondre pour équilibrer le rendement. Les pertes sur le portefeuille obligataire de la BOJ sont astronomiques. Chaque augmentation de 1 % des rendements génère des pertes d’environ 40 à 60 trillions de yennes selon la duration moyenne du portefeuille. Avec les rendements montant de 0,5 % à près de 2 % sur les 10 ans en 2 ans, les pertes latentes dépassent probablement 100 trillions de yennes, soit environ 650 milliards de dollars. Ces pertes ne sont pas purement théoriques, elles apparaissent que sur le bilan de la Banque du Japon, érodant son capital. En fait, la BOJ est techniquement insolvante en terme mark to market. La valeur de marché de ses actifs est inférieure à ses passifs. Si elle était une banque commerciale, elle serait fermée par les régulateurs. Le deuxième problème est le coût croissant du service de la dette pour le gouvernement japonais. Avec une dette de 1324 trillions de yennes et une maturité moyenne d’environ 9 ans, le gouvernement doit refinancer environ 150 trillions de yen de dettes chaque année, plus les nouveaux déficits d’environ 50 trillions annuellement. Quand les taux étaient à zéro, refinancer cette dette ne coûtait presque rien. Mais à 2 %, refinancer 150 trillions coûte 3 trillions de yens annuellement en intérêt supplémentaire. À 3 % 4,5 trillions. Ces montants doivent devenir soit de coupe budgétaire massive, soit de taxes augmentées, soit de plus d’emprunts créant une spirale autoalimentée. Le budget japonais 2025 alloue environ 10,7 trillions de y au service de la dette. déjà le deuxième poste après la sécurité sociale. Si les taux continuent de monter, le service de la dette pourrait facilement doubler à 20 trillions dans 3 à 5 ans, consommant presque un/art du budget total et forçant des coupes catastrophiques ailleurs. Le troisème problème est la spirale autorenforçante qui commence. La Banque du Japon, face à ses pertes massives et à la montée de l’inflation, ne peut plus acheter autant d’obligations qu’auparavant. Elle a annoncé en juillet 2024 un plan de tapering réduisant progressivement ses achats mensuels d’obligation. Les achats mensuels qui étaient de 6 trillions de yens au pic sont réduits à environ 3,2 trillions en octobre 2025. Le plan prévoit de continuer ses réductions de 400 milliards de yen par trimestre jusqu’à ce que les achats atteignent éventuellement zéro, probablement vers 2027 ou 2028. Mais voici le piège. Si la BOJ achète moins, qui achètera les nouvelles obligations émises par le gouvernement ? Les banques japonaises détiennent seulement environ 14 % des JGB et ont des limites réglementaires sur combien elles peuvent augmenter leurs positions obligataires sans violer les règles de risque de taux d’intérêt. Selon une analyse de MUFG, les banques pourraient absorber au maximum 30 % des détentions actuelles de la BOJ avant d’atteindre ses limites. Les compagnies d’assurance détiennent environ 16 % mais préfèrent les obligations très longues, 25 ans et plus pour matcher leur passif à long terme. Elles n’ont pas beaucoup d’appétit pour les obligations courtes et moyennes que le gouvernement émet massivement. Les fonds de pension détiennent seulement 6 % et sont déjà largement exposés. Les investisseurs étrangers, ils détiennent moins de 7 % des JGB, portion minuscule comparé à d’autres marchés développés. Et avec le yen s’effondrant de 100 à 156 pour un dollar en quelques années, tout investisseur étranger achetant des JGB subit des pertes de change massive, même si les obligations elles-mêmes sont stables. Le 4rième problème est le cercle vicieux y inflation taux. L’effondrement du yen rend les importations japonaises beaucoup plus cher. Le Japon importe la majorité de son énergie, sa nourriture, ses matières premières. Un yen faible se traduit directement en inflation importée. Cette inflation force la BOJ à considérer plus de hausse de taux. Mais hausser les taux crée plus de perte sur le portefeuille BOJ, augmente le coût du service de la dette gouvernementale et peut précipiter une récession économique réduisant les revenus fiscaux. Tout cela aggrave la situation fiscale forçant plus d’émissions obligataires. Plus d’émissions sans acheteurs suffisants font monter les rendements encore plus. Des rendements plus élevés affaiblissent encore le yen via les flux de capitaux. Le cycle continue. Le 5è problème est démographique et structural. Le Japon a la population la plus âgée du monde développée. Plus de 29 % des Japonais en 65 ans ou plus. Le ratio de dépendance, nombre de retraités par travailleurs, se détériore rapidement. Les dépenses de sécurité sociale explosent pendant que la base fiscale se rétrécit. Le déficit de sécurité sociale japonais est passé de 4,1 % du PIB en 1998 à 7,6 % en 2023. Les réformes d’Ab ont stabilisé la croissance de ce déficit mais ne l’ont pas éliminé. Avec la démographie s’aggravant inévitablement pendant les deux prochaines décennies. Ce déficit structurel garantit que le gouvernement continuera d’emprunter massivement même sans nouvelle crise. Le 6e problème est politique. Le premier ministre Takaichi Sanae élu récemment a promis un paquet de stimulation économique de 11,7 trillions de yennes pour combattre le coût de la vie et soutenir la croissance. C’est une fois virgule 7 fois plus grand que le stimule précédent. Ce paquet nécessite d’émettre des obligations supplémentaires exactement quand le marché peut le moins les absorber. Cette décision politique révèle une dynamique fondamentale. Aucun politicien japonais ne peut survivre politiquement en imposant l’austérité fiscale nécessaire pour stabiliser la dette. Couper les retraites aliennerait 29 % de la population qui vote massivement. Augmenter massivement les taxes turer la consommation déjà faible. Couper les dépenses d’infrastructure ou de défense face aux menaces régionales est impensable. Le 7e problème peut-être le plus fondamental est l’arithmétique implacable de la spirale dette. Avec une dette de 237 % du PIB et un déficit primaire structurel d’environ 3 à 4 % du PIB annuellement, le ratio dette PIB continue d’augmenter à moins que la croissance nominale dépasse le taux d’intérêt moyen sur la dette. Pendant les décennies de taux zéro, cette condition était facilement satisfaite. Même avec une croissance nominale d’1 % et des taux à 0,5 %, le ratio dette Payb restait gérable. Mais maintenant, avec les taux montants vers 2 à 3 % et la croissance nominale japonaise stagnant autour de 1,5 %, l’arithmétique devient catastrophique. Si le taux d’intérêt moyen sur la dette japonaise monte à 2,5 % et que la croissance nominale reste à 1,5 %, le ratio d’Ette PB augmente mécaniquement d’environ 2 % du PIB annuellement simplement via l’effet boule de neige des intérêts composés. En 10 ans, cela ajoute 20 points de pourcentage poussant le ratio de 237 % vers 257 %. À ce niveau, avec une économie de 5 trillions de dollars, la dette atteindrait presque 13 trillions de dollars. Le service annuel de cette dette à 2,5 % serait 325 milliards de dollars consommant presque 30 % du budget gouvernemental total. C’est insoutenable mathématiquement. Le 8e problème est la contagion potentielle au système financier japonais. Les banques japonaises détiennent 147 trillions de yen de JGB. Les compagnies d’assurance détiennent 175 trillions. Les fonds de pension détiennent 65 trillions. Au total, les institutions financières japonaises détiennent près de 400 trillions de yennes d’obligation gouvernementales. Quand les rendements montent rapidement, comme en 2025, ces institutions subissent des pertes latentes massives sur leurs portefeuilles obligataires. Pour les banques, cela érode leur capital réglementaire, limitant leur capacité de prêter à l’économie réelle. Pour les assureurs, cela crée des problèmes de solvabilité potentielle si les pertes dépassent les coussins de capital. Le 9e problème est international. Le Japon est le plus grand créancier net du monde avec des actifs étrangers nets dépassant 3 trillions de dollars. Les investisseurs japonais détiennent des trillions de dollars d’obligations américaines, européennes et autres actifs globaux. Si la crise obligataire domestique force ses investisseurs à rapatrier massivement des capitaux pour couvrir les pertes ou satisfaire la demande domestique, cela pourrait déstabiliser les marchés obligataires globaux. Il y a déjà des signes préoccupants. Les investisseurs japonais ont acheté 11,7 trillions de yennes d’obligations étrangères de janvier à octobre 2025, dépassant de loin les 4,2 trillions de tout 2024. Cet afflu massif de capitaux japonais vers l’étranger est une réponse directe au rendement domestique non attractif et crée une pression baissière supplémentaire sur le yen. Mais si cette tendance s’inverse brusquement, des centaines de milliards de dollars pourraient sortir des treasuries américains et des bundes allemands en quelques mois, faisant exploser les rendements globaux et déclenchant potentiellement une crise obligataire mondiale. C’est le scénario cauchemar qui garde les banquiers centraux mondiaux éveillés la nuit. Alors, quelles sont les options pour le Japon ? Examinons chaque option et pourquoi elle mène au désastre. La première option est de continuer sur la voie actuelle. Hausser progressivement les taux pour combattre l’inflation tout en réduisant les achats obligataires de la BOJ. C’est essentiellement la stratégie actuelle de la Banque du Japon sous le gouverneur Weda Kazo. Le problème est que cette voix mène directement aux crises décrites précédemment. Les pertes sur le portefeuille BOJ continuent de s’accumuler. Le coût du service de la dette explose. Le gouvernement ne peut pas trouver suffisamment d’acheteur pour ses obligations. Les rendements montent encore plus. À un certain point, cette spirale devient incontrôlable et force soit un défaut souverain, soit une intervention d’urgence. La deuxième option est de revenir à la répression financière totale. La BOJ réimpose le Yield Curve Control, plafonne les rendements obligat 1 % ou moins et recommence à acheter massivement des obligations. C’est essentiellement admettre la défaite et retourner au système artificiel d’avant. Le problème est que cette option n’est plus viable quand l’inflation est à 2 à 3 %. Plafonner les rendements à 1 % quand l’inflation est à 3 % créer des taux d’intérêt réels de moins 2 %. C’est une répression financière si sévère qu’elle détruirait complètement l’épargne et forcerait une fuite massive de capitaux du Japon. Le yen s’effondrerait probablement au-delà de 200 pour un dollar, rendant les importations horriblement chères et alimentant encore plus d’inflation. Cette inflation importée nécessiterait des taux réels encore plus négatifs pour maintenir le plafond obligataire créant une spirale hyperinflationniste potentielle. Aucun pays développé moderne n’a jamais choisi délibérément cette voie. La troisème option est l’austérité fiscale drastique. Le gouvernement coupe massivement les dépenses, augmente drastiquement les taxes et élimine le déficit primaire pour stabiliser le ratio dette PIB. C’est ce que le FMI et les économistes orthodoxes recommandant depuis 20 ans. Le problème est triple. Premièrement, c’est politiquement impossible dans une démocratie avec une population âgée dominant électoralement. Deuxièmement, l’austérité dans une économie déjà stagnante précipite une récession profonde, réduisant les revenus fiscaux et aggravant potentiellement le déficit malgré les coupes. Troisièmement, même si réalisable, il faudrait des décennies d’austérité sévère pour réduire significativement une dette de 237 % du PIB. La Grèce avec une dette de 210 % en 2010 a subi presque une décennie d’austérité brutale imposée par la Troyka perdant 25 % de son PIB et voyant le chômage atteindre 27 %. Même après cette souffrance massive, sa dette était encore à 147 % en 2025. Le Japon aurait besoin d’une austérité encore plus sévère pendant encore plus longtemps. La 4rième option est la croissance économique miraculeuse. Si le Japon pouvait générer une croissance nominale de 4 à 5 % annuellement pendant 15 ans, le ratio d’ PIB diminuerait progressivement via la croissance du dénominateur. C’est l’espoir implicite derrière toutes les politiques abénomix et les stimulations répétées. Le problème est que le Japon n’a pas réussi à générer une croissance significative pendant 30 ans malgré des trillions de yennes de stimulation fiscale et monétaire. Les facteurs structurels, démographie déclinante, productivité stagnante, culture d’entreprise conservatrice empêchent systématiquement la croissance robuste. Espérer soudainement 4 à 5 % de croissance soutenue est une fantaisie. La 5ème option est la monétisation permanente. La BOJ continue d’acheter toutes les obligations gouvernementales émises indéfiniment, annule essentiellement la dette détenue et finance directement le gouvernement via l’impression monétaire. C’est la théorie monétaire moderne poussée à son extrême logique. Le problème est que cela détruit la crédibilité de la monnaie. Si les marchés croient moins que le gouvernement japonais imprimera indéfiniment pour financer ses dépenses, personne ne voudra détenir des yennes ou des JGB. La fuite de capitaux serait immédiate et massive. Le yen s’effondrerait, l’inflation exploserait et le Japon perdrait son statut de monnaie de réserve et d’économie développé stable. Le Zimbabwe, le Venezuela et d’autres nations ayant essayé la monétisation permanente ont toutes vu leur monnaie s’effondrer et leurs économies se désintégrer. Même l’argument que le Japon est différent parce que sa dette est domestique ne tient pas. Les détenteurs domestiques fuiront tout aussi vite que les étrangers une fois qu’ils réalisent que leurs économies sont détruites par l’inflation. La 6e option est le défaut ou la restructuration. Le gouvernement japonais annonce qu’il ne peut plus honorer ses obligations et impose une restructuration peut-être payant 50 % de la valeur faciale. C’est ce que l’Argentine, la Grèce partiellement et d’autres nations surendettées ont fait. Le problème est que le Japon, contrairement à ces nations, emprunte dans sa propre monnaie et à sa propre banque centrale. Un défaut serait donc un choix politique plutôt qu’une nécessité financière absolue. Choisir de faire défaut détruirait complètement la confiance internationale dans le Japon, effondrerait probablement le système financier domestique puisque toutes les banques et assureurs détiennent massivement des JGB et précipiterait une dépression économique. De plus, puisque la BOJ détient 50 et 1 % des JGB. Le gouvernement ferait essentiellement défaut sur lui-même, ce qui est théoriquement absurde. Les 49 % restants sont détenus principalement par des institutions financières domestiques dont la faillite détruirait l’économie. La 7e option, probablement la plus réaliste bien que la moins discutée ouvertement, est l’inflation contrôlée. La BOJ tolère une inflation de 3 à 4 % pendant une décennie ou deux, érodant progressivement la valeur réelle de la dette. Avec une inflation de 4 % et une croissance réelle de 1 %, la croissance nominale est de 5 % annuellement. Si le taux d’intérêt moyen peut être maintenu artificiellement en dessous de 2 % via des contrôles financiers subtils, le ratio dette PIB diminue progressivement. En 15 ans à 5 % de croissance nominale, le PIB nominal double pendant que la dette nominale croit beaucoup plus lentement, réduisant le ratio de 237 % vers 120 à 140 % potentiellement. Cette option est essentiellement un défaut partiel déguisé via l’inflation, mais c’est politiquement vendable et techniquement faisable. Le problème est le contrôle délicat requis, trop d’inflation et elle devient incontrôlable, effondrant le yen et importantant encore plus d’inflation. Trop ! Et la dette continue d’augmenter. La Banque du Japon devrait naviguer entre ses extrêmes pendant 15 à 20 ans sans erreur. Alors que qu’est-ce qui va probablement arriver ? La réponse la plus probable est une combinaison chaotique de plusieurs options précédentes, entre elles au fur et à mesure que différentes crises émergent. Voici un scénario plausible pour 2026 à 2035. 2026 à 2027. La BOJ tente de continuer sa normalisation haussant les taux à 1 %. Les rendements obligataires continuent de monter, atteignant 2,5 % sur les 10 ans et 4 % sur les 30 ans. Le gouvernement lutte à placer ses obligations forçant la BOJ à ralentir son et recommencer à acheter plus agressivement. 2028. Une crise aigue émerge quand plusieurs enchères obligataires échouent partiellement ne trouvant pas suffisamment d’acheteurs. Les rendement spike à 3 % sur les 10 ans. Le yen s’effondre à 180 pour un dollar. L’inflation monte à 4 %. La BOJ est forcée de revenir temporairement à un contrôle de courbe des taux limités plafonnant les rendements à 2,5 %. 2029 à 2030. Le gouvernement impose des mesures d’urgence incluant une taxe de consommation augmentée de 10 à 15 %, des coupes modestes aux retraites et des contrôles de capitaux subtils limitant les investissements offshore. Ces mesures ralentissent l’économie causant une récession technique. Le déficit se détériore temporairement avant de se stabiliser. 2031 à 2035, le Japon entre dans une période de japonification permanente. Croissance proche de zéro, inflation de 3 à 4 % maintenue délibérément. Taux d’intérêt réprimé artificiellement à 1 à 2 % et érosion lente de la dette réelle via l’inflation. Le yen se stabilise autour de 170 à 200 pour un dollar. Le niveau de vie japonais décline lentement mais perceptiblement. Ce scénario n’est ni effondrement catastrophique ni résolution propre, mais plutôt une décadence gérée. C’est probablement le meilleur résultat réaliste étant donné les contraintes mathématiques et politiques. Les alternatives, hyperinflation ou défaut sont pires mais restent possible si la gestion échoue. Les implications pour le reste du monde sont significatives. Si le Japon 3è économie mondiale et modèle de stabilité pendant des décennies ne peut échapper au piège de la dette malgré toutes ses ressources et sa sophistication, qu’est-ce que cela dit pour d’autres nations surendettées comme les États-Unis, la France, l’Italie ? La dette américaine à 124 % du PIB semble gérable comparé au Japon. Mais les États-Unis n’ont pas les décennies d’épargne domestique massives que le Japon possède. Si les créanciers étrangers perdent confiance, les États-Unis ne peuvent pas compter sur leurs propres citoyens pour absorber les trillions de treasuries comme le Japon le fait. La leçon du Japon est terrifiante. Une fois qu’une nation entre dans le piège de la dette à haute dette, haute dépendance banque centrale, faible croissance, il n’y a presque aucune sortie propre. Toutes les solutions nécessitent soit des décennies de souffrance économique, soit des niveaux d’inflation qui détruisent l’épargne, soit un effondrement financier catastrophique. Le faiseur de veuve des 20 dernières années, le paris contre les JGB qui a ruiné tant de traders, se réveille non pas parce que les ourses avaient raison sur le timing, mais parce que les mathématiques fondamentales sont inévitables. Une dette de 237 % du PIB ne peut être soutenue indéfiniment avec des taux zéro. Quand les taux normalisent même modestement, l’arithmétique devient impossible. Ce qui se passe au Japon dans les cinq prochaines années sera étudié pendant des générations comme cas d’école de comment les nations développées modernes gèrent ou échouent à gérer des crises de dettes souveraines à l’air de la monnaie fiducière et des banques centrales omniprésentes. Chaque nation surendetté regarde nervement sachant que le Japon est le canarie dans la mine de charbon. Avant de nous quitter, je vous rappelle que vous pouvez soutenir mon travail en devenant membre de la chaîne et bénéficier en même temps davantage de visibilité pour les prochains contenu à venir. Merci et bienvenue aux futurs nouveaux membres. Si cette analyse vous a ouvert les yeux, cliquez juste ici pour voir une autre vidéo. Merci d’avoir écouté jusqu’au bout. On se dit à la prochaine pour un nouvel épisode de mécanique financière.

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En 2025, le marché obligataire japonais — longtemps considéré comme indestructible — se fissure enfin. Les rendements explosent, le yen s’effondre, et le système financier le plus stable du monde vacille. Pendant trente ans, la Banque du Japon a imprimé de la monnaie pour maintenir artificiellement les taux proches de zéro, absorbant plus de 50 % de toute la dette publique.

Aujourd’hui, cette mécanique arrive à son point de rupture : pertes colossales, absence d’acheteurs, démographie catastrophique, dette à 237 % du PIB et spirale yen-inflation incontrôlable. Ce documentaire analyse comment le “Faiseur de Veuves”, réputé invincible, est en train de se réveiller — et pourquoi cette crise japonaise pourrait déclencher une onde de choc mondiale.

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13 Comments

  1. La dette japonaise est détenue a 100% par sa population donc la dette japonaise est déjà payer par les épargnants donc la seule crainte c que Madame watanabe rapatrié son argent aux Us de plus de 3000 milliards de bons du trésor donc c les américains qui sont dans le caca si les japs rappatrient

  2. ce raisonnement suppose une stabilité de la situation financière et économique américaine, le problème est que tous les gourous de Wall Street annoncent un effondrement imminent aux Etats Unis ; si cet effondrement a lieu ça sera le Dollar US qui s'effondrera, donc les japonais ont tout intérêt à se défaire de leurs obligations américaines, qui risquent de se transformer en monnaie de singe du jour au lendemain. Il ne faut pas oublier qu'en 2007 le dollar valait 122 Yen, après l'effondrement de 2008 , en 2012, le dollar valait 78 Yen !!!

  3. Hier la Grèce aujourd'hui le Japon demain les usa ou la france…. Le mal est profond c'est le système capitaliste sauvage où la cupidité est érigée en valeur morale et l'argent en maître absolu vénéré pour l'atteindre tout les moyens sont permis au détriment de l'homme. Résultat une pandémie crises à l'échelle mondiale qui s'annonce, les riches vont s'enrichir encore plus et les pauvres vont crever sous un nouveau COVID qui s'annonce! Les diables de la finance (rothschilds, rockefellers, Morgans, etc…) mondiale ne sont pas loins, ils se frottent les mains. N.b: ils sont presque tous juifs!!!🤔🤔🤔🤔🤔🤔

  4. Dès qu'il y a crise on regarde directement la classe moyenne et pauvre mais jamais les riches et pourtant c'est ces derniers qui ont le plus profité de la période d'aisance et de faste!