La géoéconomie à l’épreuve des rivalités de puissance

[Musique] bienvenue dans le monde selon l’ffer un podcast de l’Institut français des relations internationales je suis marcek directeur adjoint de l’ffer et rédacteur en chef de la revue Politique étrangère depuis sa création en 1979 l’ri s’est vertu à décrypté le monde au fil des décennies il est devenu l’un des

Principaux think tanks européens chaque année nous éditons environ 150 publications et organisons autant d’événements qui permettent de mieux appréhender les dynamiques géopolitiques d’aujourd’hui et d’anticiper les tendances de demain l’objectif de ce podcast coanimé avec Kathy Hamilton et de vous donner un aperçu de cette richesse et de transmettre des clés de

Compréhension du monde dans lequel nous vivons pour cet épisode nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Jean il est professeur d’économie au Conservatoire national des arts et métiers et il dirige à l’iferie l’initiative géoéconomie et géofinances il a publié en novembre 2023 avec Thomas gomard une étude de l’iferie intitulée découplage impossible coopération

Improbable des interdépendances économiques à l’épreuve des rivalités de puance Sébastien Jean bonjour bonjour merci d’avoir accepté notre invitation avant de revenir sur cette étude j’aimerais que vous nous parliez un peu de l’initiative géoéconomie et géofinances lancé à l’IFRI en 2023 quels sont les principaux objectifs de ce

Projet ce projet au fond est né de la volonté de croiser des regards économiques et géopolitiques sur le monde d’aujourd’hui et ses grandes évolutions dans des conditions où on va y revenir je pense dans la discussion on a à la fois une très grande interdépendance économique et des rivalités polities géopolitiques

Croissantes il nous a semblé nécessaire de réfléchir de manière structurée organisé à la façon dont ces deux logiques se mêlent et la façon dont dont elle déterm un fonctionnement de l’économie mondiale et des relations internationales différentes qu’on a connu jusqu’ici oui avec un changement très net par rapport notamment à la

Guerre froide qui est que aujourd’hui les principaux partenaires économique sont aussi dans une logique de tension géopolitique croissante donc ça c’est une différence absolument et je crois que de dans une certaine mesure la situation d’aujourd’hui elle est assez nouvelle dans la mesure où justement on a à la fois une très forte

Imbrication interdépendance économique très étroite et en même temps une rivalité politique croissante et je crois que dans l’histoire il y a assez peu de parallèle en tout cas à ce degré d’intensité comme Marc à souligné la première publication de l’initiative géoéconomie et géofinances a été l’étude découplage impossible coopération

Improbable un des concepts centraux de cette publication est celui de l’arsenalisation des interdépendances pourrez-vous s’il vous plaît nous expliquer ce que ça veut dire habituellement quand une relation économique ou financière se forme entre deux parties y compris au niveau international c’est parce qu’elle est dans l’intérêt des deux parties c’est

Pour ça que la façon dont on raisonne à propos des interdépendances elle a été construite historiquement autour de ce qu’on appelle souvent l’ économie les gains mutuels à l’échange avec l’espoir de retomber positive hein y compris bien entendu toutes les théories enfin les les euh du D’ commerce ou du de l’effet

Potentiellement pacificateur des échange c’est pour ça que il y a un certain nombre d’évolutions dans les tendances récentes qui sont assez frappantes parce que au contraire elle procèd d’une action d’instrumentalisation des interdépendances économiques à des fins de rivalité politique de contraintte voire de coherition les exemples sont multiples

Probablement le plus frappant c’est la multiplication des sanctions notamment de la part des États-Unis qui aujourd’hui maintiennent plus de 70 régimes de sanctions différents contre un très grand nombre de pays d’institutions de personnes euh les États-Unis qui appliquent des sanctions financières à grande échelle contre plus de 20 pays aujourd’hui alors qu’au début

Des années 2000 c’était seulement quelquesuns 4 par exemple en 2000 euh et donc des sanctions qui ont été de plus en plus largement utilisées l’Europe le fait aussi d’ailleurs mais de façon beaucoup plus ciblée euh les États-Unis je l’ai dit ont un un rôle moteur c’est particulièrement

Évident dans leur cas mais ça ne se limite pas euh au aux États-Unis c’estes pratiques on voit par exemple euh la Chine depuis notamment en particulier depuis 2010 appliqué de façon plus ciblée plus opaque aussi un certain nombre de mesures de coerition économique euh qui sont basé plus

Souvent sur des boycottes euh des représailles commerciales sur son accès au marché euh et sur des sanctions commerciales de fait y compris d’ailleurs aujourd’hui qure un pays européen la la Lituanie donc on a un ensemble là de mesures qui sont du domaine des sanctions commerciales et puis après on a des

Mesures qui sont assez nouvelles par rapport à ça euh sanction pardon commerciales et financièr et puis donc on a des mesures assez nouvelles par rapport à ce qu’on a connu historiquement qui se développent aujourd’hui qui sont plutôt du domaine des restrictions d’exportation he d’habitude on cherche à vendre on

Cherche à ouvrir les marchés et là aujourd’hui qu’est-ce qu’on voit se développer pp des mouvements où au contraire on interdit de vendre et donc on interdit à ses propres entreprises de servir des marchés parce que on estime qu’on a là un levier qui peut qui se prête bien disons à la

Coerition à la pression politique sur un partenaire les restrictions d’exportation de hautees technologie des États-Unis sur la Chine sont l’exemple probablement le plus frappant mais on peut citer aussi la partie restriction d’exportation de produits technologi justement vers la Russie également comme exemple un important à cet égard et

Enfin le dernier point pour nous européens c’est la façon dont la Russie utilise le gaz contre nous et restreint ses ses ventes de gaz à l’Europe et pourrez-vous analyser brièvement les facteurs qui concourent à cette arsenalisation alors le premier point je l’ai mentionné un peu déjà je crois

C’est cette situation en grande partie inédite de très forte enchevêtrement imbrication économique sur fond de rivalité politique quand ce n’est pas d’hostilité politique euh ça donne un une situation dans laquelle il y a euh des raisons de vouloir faire pression sur euh et de y compris de façon forte

Euh sur les partenaires ou les rivaux et ça met les relations économiques et financières au cœur des moyens de pression disponibles parmi les plus puissants ensuite le deuxième aspect c’est de savoir comment est-ce qu’on peut utiliser les relations économiques et financières j’ai commencé par dire elles sont caractérisées normalement par

Un bénéfice mutuel bénéfice mutuel ça veut dire aussi que si je coupe la relation je crée un dommage pour moi-même autant que pour le partenaire donc en soi c’est pas quelque chose de très productif ce qui signifie que l’arsenalisation des interdépendances leur instrumentalisation à des fins non économiques elle n’est possible de façon

Pratique elle est potentiellement efficace que dans une situation où il y a une forte asymétrie et la situation actuelle de l’économie moderne favorise ce type de situation parce que elle est caractérisée par le développement de réseaux très complexes qui ont à la fois une très grande diversité dans leurs

Acteurs mais aussi qui très souvent ont des nœuds critiques qui sont extrêmement importants parce qu’ils sont très difficilement contournables ça peut être typiquement dans la finance le dollar comme monnaie internationale il y a énormément de monnaie mais le dollar est incontournable dans les transactions interbancaires en tout cas les

Communications qui sont tour le système Swift dans les les relations interbancaires des des places de de de de clearing et donc dans dans tous ces cas et puis il donc on a des là des nœuds qui sont très difficilement contournables celui qui les contrôle peut faire pression sur les partenaires

Et ça s’étend à l’industrie aussi parce que on voit à la fois qu’on a une immense diversité des réseaux extrêmement complexes dans les hautes technologies en particulier et puis on voit dans le même temps que il y a des points qui sont incontournables c’est-à-dire certains brevets de la propriété intellectuelle dans certains

Cas et ça très souvent ce sont les Américains qui l’ont également et puis des entreprises on est frappé de voir dans cette industrieélectronique où beaucoup d’entreprises ont des milliers ou des dizaines de milliers de fournisseurs que il y a malgré tout sur certains créneaux clés une entreprise

Qui est le leader incontesté et qui est très difficilement concerné contournable TSMC pour la fonderie ASML pour les machines de de production de de de semi-onducteur par exemple alors quand même ce que vous expliquez c’est que ce n’est pas si simple de manier ces ces interdépendances de les arsenaliser vous

Employez l’expression arme à double tranchant donc je pense qu’il faudrait expliquer à nos auditeurs pourquoi cette arsenalisation est une arme à double Tranchon ça c’est un premier aspect que j’aimerais traiter ensuite il y en aura un deuxième parce que vous expliquez quand même que pour que ça fonctionne cette personnalisation il faut être

Beaucoup et ça paraît logique effectivement si un seul État essaye d’appliquer des sanctions à l’égard d’un autre mais que cet autre État parvient à les contourner euh en de par ses interactions avec d’autres États et bien effectivement ces sanctions seront inefficaces donc est-ce que vous pouvez s’il vous plaît essayer de détailler ces

Ces deux aspects donc arme à double tranchant d’une part et d’autre part arme qui doit être maniée par un maximum d’État le le fait que ce soit une arme à double tranchant à nouveau c’est euh ça Naé de ce constat initial qu’une relation elle est censée être mutuellement euh bénéfique euh et donc

Par définition la le pays qui sanctionne va s’infliger un coup à lui-même parce que s’il maintenait ses relations économiques et financières c’est parce qu’elles avaient un bénéfice pour lui donc il y a un premier aspect c’est de reconnaître que même quand on pour soi-même les sanctions vont être coûteuse et de voir

Dans quelle mesure est-ce qu’on peut arriver à à limiter ces coûts le le deuxième aspect c’est que c’est un un jeu d’interaction entre des acteurs c’est une interaction stratégique et évidemment chacun prend ses mesures et quand on U utilise quand on instrumentalise les interdépendances il faut s’attendre évidemment à ce que

L’adversaire ou en tout cas la contrepartie dans certains cas l’ennemi le fassent également et réagissent réagissent en contournant réagissent en prenant des mesures pour se prémunir contre l’impact de des sanctions et souvent ces mesures elles vont être euh préjudiciables pour celui qui est à l’origine des sanctions il y a beaucoup

D’exemples mais je dirais que aujourd’hui finalement les sanctions contre la Russie sont une sorte de laboratoire c’est-à-dire que on voit bien que on a euh euh mis en œuvre des sanctions eu les États-Unis et leurs alliés ont mis en œuvre des sanctions économiques et financière très large

Contre la Russie ce qu’on observe depuis qu’elles ont été mises en œuvre c’est toutes les stratégies de contournement de la Russie qui va euh se débrouiller pour par un certain nombre d’intermédiaires pour importer les produits qui n’est pas censé importer qui va dans un certain nombre de de cas aussi trouver des fournisseurs

Alternatifs et donc là si on raisonne dans la grille habituelle des gains à l’échange on perd des marchés et on voit bien par exemple aujourd’hui que dans le commerce extérieur chinois qui pourtant lui-même est assez dynamique la partie la plus dynamique c’est les Vendes vers la Russie hein parce qu’ils ont pris la

Place des des pays riches alors qu’est-ce que ça nous dit sur l’efficacité des sanctions justement par rapport à la Russie je précise juste qu’on a publié un article dans dans politique étrangère dans la revue de l’ri de Vladislav inemsef qui tendait à montré que l’économie russe s’était révélé en fait beaucoup plus résiliente

Que ce qu’on attendait ça nous dit que il y a beaucoup de moyens de contourner des des sanctions et ces moyens sont d’autant plus importants que la cible et des sanctions est suffisamment grande j’ai dit tout à l’heure la logique économique des sanctions elle est elle trouve sa source dans la symétrie plus

On cible un ce pays important moins la symétrie est importante et donc plus lui-même il a des degrés de liberté pour essayer de s’adapter dans certains cas si c’est juste perdre des marchés il y en a d’autres remplacement c’est pas très grave dans d’autres cas et là je je

Pense aux sanctions dans la haute technologie imposée par les États-Unis contre la Chine c’est potentiellement plus problématique parce que ça veut dire que on a des entreprises qui sont à la pointe qui sont très innovatrices c’est pour ça que les technologies qu’elles vendent sont stratégiques sont considérés comme stratégiques mais leur

Capacité d’innovation elle est assise sur la capacité à dégager des profits importants sur leur vente quand on les coupe du marché chinois qui est le principal marché chinois pour beaucoup de dans beaucoup de cas on les coupe d’une grande partie de leurs clients donc de limiter leur capacité

D’innovation et dans le même temps de renforcer la volonté du gouvernement chinois de mettre des moyens très important pour stimuler l’innovation dans ce secteur donc en fait en utilisant cette position dominante dans les semi-onducteurs de la plus de de dernière génération les États-Unis prennent le risque d’affaiblir cette

Position elle-même et c’est un risque très conséquent c’est surtout je crois dans ce sens là où il faut considérer que les sanctions sont une arme à double tranchant ça c’était sur l’arme à double Tranchon mais il y a effectivement l’autre aspect hein qui est la cette capacité à construire des sortes de

Coalitions qui vont sanctionner et pour construire ces coalitions il faut manier à la fois la carotte et le bâton he c’est ce que vous expliquez mais là encore des des exemples seraiit utiles absolument au fond peut-être en partant d’un paradoxe c’est que j’ai dit j’ai souligné l’importance de ces restrictions d’exportation appliqué par

Les États-Unis contre la Chine le paradoxe c’est que la Chine dans l’une de ses réponses a interdit à la société micron micron de vendre des produits sur le marché chinois donc à peu près exactement on a l’impression le même genre de de de mesure qui avaient été pris par les États-Unis pour pour

Sanctionner avec donc visiblement la l’idée que l’effet sera inverse quelle est la différence entre les sanctions des États-Unis et ces contresanctions de la Chine les sanctions des États-Unis elles visent à priver les Chinois d’un accès à des à tout produit comparable à ce qu’ils sont capables de vente c’est-à-dire ces semi-onducteurs de

Toute dernière génération là ce que fait la Chine avec micron c’est essayer de euh d’empêcher cette entreprise de vendre ses produits sachant que ils pourront s’approvisionner auprès d’autres fournisseurs qui vont avoir des produits de qualité équivalente si je mets en évidence ce paradoxe c’est que ça montre toute l’importance d’arriver à avoir

Finalement un barrage des sanctions qui constituent un empêchement d’accès une sorte de barrage par rapport à à un ensemble de produit qui soit étanche soit il est étanche et il peut être relativement efficace soit il est partiel et à ce moment-là ceux qui appliquent les sanctions perdent le

Marché au profit de leurs concurrents direct d’où l’importance d’avoir euh une entité qui sanctionne un ensemble qui sanctionne qui couvre l’ensemble des producteurs relativement comparabl et finalement dans le monde d’aujourd’hui il est rare que cette cet ensemble il soit logé dans un seul pays c’est pourquoi les États-Unis ont besoin et

Tous les autres pays aussi en fait un un seul pays ne peut rarement appliquer efficacement des sanctions il est rarement dans une position tellement dominante qu’il puisse le faire exemple dans la volonté de des États-Unis de couper la Chine de l’accès au semi-conducteur de plus haut niveau ben

Ils sont obligés d’essayer de de de prendre des mesures pour que Taiwan l’entreprise TSMC en particulier et Samsung en Corée aussi applique ces interdictions américaines quand il s’agit de machine de production euh de de de semi-onducteur euh bah les États-Unis pour mettre en œuvre efficacement des sanctions sont obligés

De s’assurer du concours des Pays-Bas et du Japon parce que c’est là qu’il y a les deux entreprise leader dans le secteur donc c’est une illustration du fait que il faut former une coalition et finalement la capacité à entraîner des alliés au moins des partenaires dans son euh dans ses sanctions dans ses

Politiques de coerition est quelque chose d’absolument clé et c’est un domaine d’ailleurs dans lequel il y a une asymétrie très forte entre les États-Unis et la Chine c’est intéressant parce qu’on pourrait aussi ajouter l’exemple de la guerre commerciale que Trump a lancé contre la Chine qui a ensuite eu un effet catastrophique sur

L’industrie agricole américaine qui a eu l’effet inverse de ce qu’il voulait beaucoup de électeurs de Trump agriculteurs ont décidé en 2024 quiil ne vont pas voter pour lui mais en 2023 l’économie américain s’est révélé bien plus résiliante que prévu alors que la Chine n’a pas connu la reprise postcovid

Escomptée en parlant de tout cela est-ce qu’elle pourrait être les trajectoires de ces deux économies en 2024 oui dans ce contexte de rivalité très forte la dynamique économique et technologique est est importante et on a des situations assez différentes dans les dans ces deux grandes puissances la situation américaine pour moi elle est

Caractérisé aujourd’hui par euh une position dans laquelle on espère avoir un atterrissage euh de la politique de lutte contre la poussée d’inflation qui se fasse si possible en douceur avec ce défi d’arriver à consolider les résultats déjà obtenus dans l’affaiblissement de l’inflation euh sans tomber dans la récession au

Fond je crois que il y a essentiellement deux deux défis qui sont qui se présentent ici le premier c’est de maintenir une consommation suffisamment dynamique la consommation a été le moteur du de la résilience de l’économie américaine euh au cours des des dernières des derniers mois des de

Dernières années enfin il puiss un moteur historique le défi aujourd’hui c’est de maintenir son dynamisme de maintenir la confiance des consommateurs dans un contexte où aujourd’hui le taux d’épargne des ménages américains est de est de seulement 4 % c’est-à-dire qu’il est très faible on a eu la période du

Covid où une épargne s’est constituée et ensuite les ménages américains ont consommé cette épargne contrairement à ce qui s’est passé en Europe d’ailleurs ça a été un vrai moteur de leur dynamisme mais là aujourd’hui ils ont plus de matelas ils ont 4 % d’épargne le niveau de long terme de l’épargne

Américaine il est faible mais il est quand même à 8 %. donc est-ce qu’ils vont maintenir à à cette ce dynamis de la consommation c’est le premier défi le deuxième je crois c’est de recréer un climat d’investissement et là il y a essentiellement deux aspects le premier c’est l’immobilier l’immobilier

Aujourd’hui on a des prix chers aux États-Unis on a les taux d’intérêt élevés ça crée un problème d’accessibilité est-ce que l’immobilier est est finalement abordable suffisamment pour la classe moyenne américain comment on fait pour éviter qu’il soit trop cher et qu’il a un effondrement du du marché immobilier américain premier

Point le deuxième point c’est l’industrie il y a eu des politiques industrielles extrêmement ambitieuses voté sous l’administration Biden au fond je dirais on attend encore qu’elle produent vraiment leurs effets il y a beaucoup d’annonces hein il y a il y a aussi des bâtiments qui ont été créés mais de l’output industriel pour

L’instant on l’a pas vu donc est-ce qu’ils vont arriver à maintenir d’une part à concrétiser les résultats et d’autre part à maintenir une bonne dynamique d’investissement je crois ça sera un facteur clé pour la Chine la situation est est très différente c’est une situation d’atonie de la demande

C’est une situation aussi de déflation et donc surfond d’endettement très élevé et de crise de l’immobilier donc là on a vraiment une situation radicalement différente on sait en gros ce qu’il faut faire dans ce type de situation notamment de crise immobilière de crise d’endettement il faut rapidement nettoyer les bilans il faut

Affecter les pertes il faut essayer de de de faire place net et d’éviter que ce boulet n’entrave durablement l’économie on sait ce qu’il faut faire je pense que on voit que c’est ce que ne fait pas le gouvernement chinois aujourd’hui qu’est-ce qu’ils font à la place et ils font une prolonge l’espèce de

Volontarisme politique en matière politique en matière économique pardon qu’ils ont pratiqué depuis des années qui consiste à utiliser le crédit pour accélérer la l’activité économique et ils le font aujourd’hui dans un contexte où comme le crédit peut pas aller vers l’imob mobilier comme on on a vu que il

Y a une sorte de d’excès d’équipement en infrastructure ça plus grand sens de trop mettre d’investissement dans les infrastructures ce crédit va vers le l’industrie avec le risque d’exacerber les problèmes de surcapacité et finalement cette tendance de l’économie chinoise à exporter ses déséquilibres à l’étranger contte tenu justement des des interdépendances que

Vous avez décrite précédemment est-ce qu’une Chine à tonne n’a pas un impact global et ne pèse pas notamment sur la croissance des États-Unis je crois que le risque c’est justement que elle mène trop des politique où elle exporte ses déséquilibres et typiquement c’est pour ça que je je m’inquiète de cette poussée

Très forte que l’on constate du crédit à l’industrie chinoise alors que l’industrie manufacturière est déjà très excellentaire il faut rappeler que l’industrie manufacturière chinoise en 2022 a dégager un excédent commercial je parle juste des seulement des produits industriels à hauteur de 1800 milliards de dollars ce qui est absolument

Considérable à peu près 2 ti3 du PIB français donc je crois que là là il y a un vrai il y a une vraie question après ça et donc je parle plus en terme de demande net par rapport au reste du monde la Chine n’est pas un dépouché

Très important ni pour les États-Unis et finalement elle est de moins en moins pour pour l’Europe en Europe elle est elle est importante pour l’Allemagne surtout moins pour les autres pays donc c’est plutôt au travers de ce prisme que je réponds à la question d’accord restons un peu sur les les politiques

Industrielles que vous avez évoqué très brièvement en parlant des politiques industrielles de l’administration Biden et effectivement on a beaucoup parlé notamment de l’IRA l’inflation reduction Act entre autres qu’en est-il de l’Union européenne et de la France est-ce que nos politiques industrielles sont suffisantes pour faire face justement à ces politiques industrielles américaines

Qu’on vient de citer mais aussi chinoise oui on est dans une situation je pense assez délicate d’abord il y a cette concurrence politique stratégique au niveau international don dont on vient de parler et ces conséquences économiques ces conséquences économiques elles sont notamment qu’il y a un enjeu de contrôle de puissance dans les

Politiques industrielles qui sont mené hein finalement quand on parlait de politique industrielle il a 40 ans on parlait beaucoup plus de qui arrive à s’approprier les rentes de monopoes lié à tel ou telle industrie où elles était importante aujourd’hui je crois que derrière il y a vraiment un enjeu de

Puissance très important dans un contexte d’une révolution industrielle au fond marqué essentiellement par la transition écologique mais aussi par la la la révolution numérique et donc tout ça ça rebat les cartes d’une façon très puissante dans l’industrie et dans le commerce international avec pour l’Union européenne un certain nombre de de

Problèmes le problème de cette crise énergétique qui a été en fait vraiment une spécificité européenne pour l’essentiel sur les les deux dernières de trois dernières années en particulier depuis la guerre en Ukraine sur le fait que la capacité de l’Union européenne est euh relativement moins bonne dans l’innovation radicale donc en fait elle

Est et ça se traduit par le fait qu’elle est plutôt en retard sur ces révolutions technologiques qui s’agissent de de technologie verte ou de numérique et sur le fait également que les capacités de financement en Europe pour des raisons qui sont à la fois macro-économiques et institutionnelles elles sont beaucoup

Plus limitées qu’aux États-Unis et en Chine donc c’est une situation très inconfortable pour nous je pense que il faut que on a fait un certain nombre de de pas en avant pour essayer de de progresser et d’accélérer notre adaptation notre innovation il faut que l’Europe et la France muscle leur jeu

C’est-à-dire qu’elle renforce leur capacité d’innovation leur capacité à développer des filières nouvelles mais qu’ell le fassent à leur façon dire on ne battra pas pour employer un peu une métaphore sportive les les Chinois à leur propre jeu on va pas faire des entreprises plus grandes ou des subventions plus

Importantes ou un contrôle de l’économie plus importante surtout pas il faut assumer la la spécificité je pense de de l’économie européenne ça veut dire quoi ça veut dire renforcer la capacité de l’innovation mais le faire d’une façon qui soit cohérente en Europe c’est-à-dire développer autant que possible des financements conjoints

Quand on n arrive pas des financements qui soi étroitement coordonnés renforcer le marché unique parce que c’est une de nos grandes forces mais en même temps notamment on sa que sur les services on est loin du compte et ça a été un handicap concurrentiel c’est-à-dire mener développer une politique énergie

Énergétique ambitieuse parce que c’est vraiment une un problème spécifique européen très très lourd et potentiellement très important pour l’industrie et puis assumer de se protéger contre la concurrence subventionnée de la Chine et des autres et potentiellement des États-Unis si le problème se pose parce que ce contexte de concurrence des politiques

Industrielles fait que il faut se battre à armes égales à part les solutions que vous venez de proposer votre conclusion ngarre optimiste vous souignez que la logique de sécurité économique qui prévaut actuellement risque de nous conduire vers un jeu à somme nul voire perdant perdant comment pourrait-on sortir de cette dynamique négative

C’est vrai qu’il y a un certain nombre de constats qui pent pas à l’optimisme je pense que c’est lié au fait que on a un système international qui est en transformation donc c’est très difficile de trouver les nouveaux équilibres les nouveaux facteurs de régulation on sait

Fin on voit ce que l’on quitte d’une certaine façon ce qui se défait et on n’est pas encore dans un monde recomposé d’une façon satisfaisant donc effectivement c’est préoccupant s’il y a des facteurs d’optimisme qu’il faut mettre en avant je dirais que c’est le fait que nous connaissons les coûts et

Les défauts de de ces tendances nous connaissons les coûts de la non coopération le j’ai j’ai dit que ces sanctions la plupart du temps elles étaient préjudiciables à toutes les parties euh enfin ces sanctions ces stratégies de coerition économique et d’arsenalisation des interdépendances nous savons bien entendu que les défis

Communs sont absolument majeurs le changement climatique bien sûr mais aussi la chute de la biodiversité la dégradation environnementale d’une façon générale euh la la mise en danger des communs globaux et cetera nous connaissons euh tous les risques des logiqu d’escalade hein dans ces interaction internationale et donc je

Pense que tous ces cette connaissance euh des risques possibles ça doit être le moteur d’une réaction euh pour essayer de réguler de trouver des nouveaux modes de régulation on n plus dans le multilatéralisme dirigé orchestré par les États-Unis on n’est pas dans un régime qui serait d’une assemblée

Internationale qui qui répondrait à une une logique de partage de pouvoir assumé néanmoins je pense que les pays-tiers par rapport aux deux grandes puissances sont les États-Unis et le la Chine la communauté des nations prises dans le ensemble ont un pouvoir de pression très important et je pense que c’est ça qu’il

Faut essayer d’organiser d’utiliser à des fins de régulation enfin de Ré en tout cas pour éviter des dérives qui seraient trop néfastes euh faire pression développer les échanges développer la transparence développer l’influence des pays-tiers et évidemment parmi les pays-tiers il y a notamment l’Union européenne et la

France et je pense que il y a une sorte de poste de de système post multilatéraliste à inventer qui serait sans doute plus polymorphe moins centré sur quelques institutions mais qui permettent de tirer tout le bénéfice potentiel de cette communauté des des nations face à des des des acteurs aussi

Puissants que les États-Unis et la Chine je crois que le le seul la seule influence véritablement importante potentiellement c’est la communauté des nations prise dans dans son ensemble ou en tout cas dans certaines de ces parties influentes dernière question Sébastien Jean pour mettre un peu l’eau

À la bouche de nos auditeurs est-ce que vous pouvez nous donner un petit aperçu des publications ou événements à venir de cette nouvelle initiative géoéconomie et géofinances de l’ifffer oui alors euh au fond notre travail se structure autour d’une part de papier de réflexion pour poser le cadre intellectuel de ce

Monde nouveau qui se dessine devant nous finalement et d’autre part des papiers d’approfondissement sur des aspects précis sur le cadre de réflexion on on est et donc on va s’appuyer y compris sur des euh contributeurs extérieurs de de grande qualité euh sur la question de la façon de concilier les objectifs de

Souveraineté et de transition climatique par exemple sur l’analyse des dépendances macroéconomique et financière international qui dépend de qui et c’est une question assez complexe sur par exemple l’influence des fintech des nouvelles technologies financières à la façon dont elles peuvent déformer ou influencer le système monétaire et financier international ensuite donc

Au-delà de ces papiers de réflexion de cadrage je dirais le l’idée d’avoir des travaux d’approfondissement sur des questions plus précises par exemple pour prendre la mesure y compris sur des aspects peut-être plus spécifiques des recompositions dans les chaînes de valeurs technologique dans la finance internationale au système monétaire euh dans les évolutions

De découplage ou de limitation de d risking limitation des risques la façon dont on peut en trouver des traces dans l’évolution des systèmes enfin de l’organisation de l’économie mondiale ou dans les choix des grandes entreprises et puis enfin le dernier volet de notre activité c’est la mise en débat la

Discussion au travers de conférences et donc nous projetons une une conférence de haut niveau sur ces questions dans dans l’année 2024 Sébastien Jean merci beaucoup d’avoir pris le temps de venir par à ce micro quant à vous chers auditeurs si vous souhaitez suivre l’actualité de l’initiative géoéconomie et géofinances n’hésitez pas à vous

Abonner aux réseaux sociaux de l’Institut français des relations internationales merci de nous avoir écouté et à bientôt pour un prochain épisode du monde selon [Musique] l’ri

Pour ce 2e épisode du podcast « Le Monde selon l’Ifri », nous avons le plaisir de recevoir Sébastien Jean, professeur d’économie au CNAM et directeur associé de l’initiative géoéconomie et géofinance de l’Ifri. Il a publié en novembre 2023, avec Thomas Gomart, une étude de l’Ifri intitulée « Découplage impossible, coopération improbable. Les interdépendances économiques à l’épreuve des rivalités de puissance ».Restrictions aux exportations, sanctions économiques et financières, politisation des choix monétaires et financiers, surveillance des investissements directs entrants voire sortants, droits de douane exceptionnels, interventions étatiques dans les secteurs jugés stratégiques : l’étau politique se resserre autour des relations économiques et financières internationales.Cette rupture est issue des transformations économiques aussi bien que des ambitions politiques et idéologiques. Les interdépendances économiques et financières restent très étroites, mais elles sont de plus en plus contraintes par les rivalités de puissance.La « géoéconomie » demeure, dans la mesure où la logique économique juxtapose toujours des échanges mutuellement bénéfiques avec des intérêts étatiques souvent conflictuels. Mais elle se complexifie vers une logique que l’on peut qualifier de « géofinance » : la politisation simultanée des flux financiers et d’information montre que les objectifs, les outils et les points d’appui de ces interactions sont profondément transformés.L’arsenalisation (weaponisation) croissante des interdépendances en est l’illustration : la rivalité politique la motive, le défi du changement climatique en redéfinit les enjeux, l intensité des interdépendances en augmente les enjeux potentiels, la complexité croissante crée des configurations propices, la dématérialisation du capital productif alimente des stratégies étatiques non coopératives et rend les interdépendances souvent inextricables.Ce bouleversement confère une dimension sécuritaire nouvelle aux politiques économiques internationales. La sécurité économique devient omniprésente dans les relations internationales, mais les approches et les conséquences de cette préoccupation commune diffèrent largement.

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