L’économie selon l’artiste contemporain Yves Klein

L’économie est bleuclin aujourd’hui sur France Culture et pour en parler nous invitons nous avons invité nous accueillons Denis Ryou historien de l’art auteur de cet ouvrage yvecllin manifesté l’immatériel paru chez galimar également avec nous à distance Sophie Crass maîtresse de conférence en histoire de l’art contemporain à l’Université parien Panthéon Sorbonne

Autrice de l’économie à l’épreuve de l’art art et capitalisme dans les années 1960 publié au presse du réel une émission préparée aujourd’hui par dev VC l Sabourin Anou milio tinaayung et Léopold [Musique] tiévan il n’y a rien ensuite il y a un rien profond puis une profondeur bleue

Quel en est le prix de cette œuvre un lingot d’or pur d’un kg me suffira le prix du sangbleu ne peut en aucun cas être de l’argent il faut que ce soit de l’or bonjour Sophie Crass et Denis Ryou bonjour merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui alors on connaît y clin qui

S’exprimait ici en 1959 à la Sorbonne pour ses œuvres d’art moins pour sa pensée économique alors qu’en réalité il a développé toute une réflexion sur la valeur de l’œuvre d’art Sophie Crass oui absolument en fait la valeur chez lui c’est vraiment une sorte de connecteur sémantique entre le domaine

De l’art et celui de l’économie parce que pour lui la valeur c’est la valeur esthétique c’est la valeur économique mais c’est aussi dans une terminologie très plastique c’est la la valeur au sens de l’intensité d’une couleur son degré de saturation donc il il empreunte à ce vocabulaire à la fois de la

Pratique artistique de l’esthétique et de l’économie pour penser vraiment un système de valeur le terme de valeur est central de nu pour comprendre il clin à la fois artist et économiste oui alors surtout à mon sens pour confin artiste parce que la valeur économique B il développe ça à plusieurs

Reprises de manière plus ou moins claire mais surtout en effet en introduisant l’or il décale les habitudes du marché pour nous faire comprendre quelque chose sur sa propre pratique et sur les qualités particulières qu’il estime être cell de ses œuvres et notamment de ces monochromes alors comment on est-il

Arrivé à développer cette réflexion sur la valeur rappelons qu’ivklin est né le 28 avril 1928 à Nice et tout le destine alors à devenir un artiste puisque ces deux parents sont peintres et il va grandir dans cet environnement artistique très stimulant Denis Ryou oui alors je dirais à l’inverse que tout

Descide à faire autre chose que ses parents puisque son père est est peintre figuratif sa sa mère est peintre abstraite c’est c’est très important ce diptique abstrait figuration qui est est dominant pour pour l’époque et le jeune homme un peu vif un peu rebelle comme tout adolescent rêve de faire autre

Chose et il rêve en réalité de devenir capitaine dans la marine marchande et donc de mener des aventures à travers le monde simplement il échoue au baccalauréat et donc ses rêves de rentrer à l’école de la marine marchande s’effondre et il doit trouver autre chose c’est à ce moment-là que le

Judo et pas là que le Judo prend le dessus et que les aventures aussi commencent puisqu’il voyage d’abord en Angleterre avec l’idée notamment d’apprendre à non seulement à bien monter à cheval mais à s’occuper des chevaux parce qu’il rêve avec son ami Claude Pascal de rejoindre le Japon à

Cheval c’est mais ces ambitions de judoka vont être déçus et et il a 26 ans lorsqu’il se lance dans les les monocr chome il publie alors un un livre d’Artist que cherche-t-il à exprimer à travers ses premiers monochrome Sophie Crass h disons que c’est un je pense un

Intérêt pour pour la couleur qui qui le qui qui intervient en fait très très tôt dans sa démarche artistique et qui va le suivre tout au long de tout au long de sa carrière je pense que Denis ru sera le mieux placé peut-être pour pour répondre de manière plus précise à cette

Question mais on sent une profonde cohérence en fait dès le dès le début de cette de cette démarche artistique oui ces premiers monochromes sont en écho avec ce que vous décrivez deny ru c’est-à-dire ce goût du voyage puisque ils sont en relation avec plusieurs villes dans lesquelles il a vécu oui

Alors c’est un livre d’artiste effectivement mais c’est aussi une fiction c’est-à-dire que à l’époque en 1954 quand il réalise cet album il est à Madrid il a l’opportunité technique de d’imprimer les les les planches et de coller des petits rectangles monochrome mais il n’y a pas de peinture monochrome

Il n’a pas encore peint des monochromes c’est au fond à la fois un essai un peu poétique et un test un peu poétique parce qu’il y a une préface de son ami Claude Pascal qui est qu’il faut mentionner qui est composé simplement de de lignes noires qui imite la présence

De la typographie sans qu’il y ait texte bien entendu c’est divclin aussi ça mais euh donc à partir de ça il le raconte lui-même il va tester les réactions quand il rentre à Paris même autour de lui et notamment auprès des peintres abstrait et au fond il voit que quelque

Chose est intéressant dans cette affaire et à partir de là il va peindre les les les les tableaux et vouloir les montrer bien sûr les monochromes existaient déjà mais il n’était pas appelés ainsi Denis Ryou c’est vraiment avec ifcllein qu’ils vont s’imposer sous ce terme de monochrome alors monochrome ça voulait

Dire autre chose pour les spécialistes de l’art c’était peinture d’une seule couleur mais avec des nuances de ton ou de valeur c’est-à-dire ce qu’on appelle le camailleux je crois que tout le monde comprend cette cette expression euh où les grisailles en décoration c’était c’était des monochromatas on disait

Enfin bon des mon des monochromes et évidemment il y a eu des peintures monochromes c’est-à-dire d’une seule couleur réalisée avant que clin entre dans cet univers mais ça ne s’appelait pas ça s’appelait peinture blanche par exemple ou bien carré noir ou et cetera et cetera peinture rouge peinture mais

Pas pas monochrome cette cette invention est une invention d’un personne dont il faut absolument mentionner le nom de de de de Pierre Restani enfin cet usage du mot le mot existait bien sûr pour pour yveclin c’est Pierre Restani donc qui qui devient son critique d’ qui devient

Son mentor et qui va nommer ces tableau proposition monochrome c’est-à-dire qu’il descales c’est plus tout à fait des tableaux non plus ce sont des propositions ça s’adresse à nous comme des propositions monochrome et je crois que c’est le le point de départ de la peinture monochrome en tant que genre

Pictural je dirais c’est en automne à l’automne 1956 qu’il crée le fameux bleu l’cabé l’international cllein blue y clin est arrivé en après-midi avec Damian il était question de choisir un bleu donc ils se sont trouvés là on a regarder les tiroirs on a sorti une dizaine douzaine

De tiroirs de bleu on les a monté dans la réserve à la lumière du jour et puis dans tous les Bleus qu’on étit choisis il était assez tenté par un bleu de Prusse le bleu de prus c’est un bleu redoutable le bleu de Prusse parce que ça se diffuse terriblement puis

Finalement il s’est orienté sur l’autre mer et voilà c’est le bleu qui a été choisi le bleu clin soyons clair pour respecter la la la chose le bleu c’est un bleu d’outremè classique c’est un médium que j’ai mis au point pour lu lui par contre c’est son tour de main qui

Fait que ça s’appelle le bleu ikab international cllein blow voyez-vous c’est le tour de main de l’artiste qui donne la valeur à la chose voilà Édouard Adam marchand de couleur de Montparnasse invité à dans l’ancienne émission surpris par la nuit sur France Culture le 21 mars 2001 yvecllin a donc créé ce

Bleu avec Édouard Adam et le peintre et sculpteur roumain Oria Damian quel sens ce bleu a-t-il pour ifcllein de nirillou alors c’est un c’est identitaire je dirais c’est c’est c’est c’est c’est c’est c’est tout lui le le bleu alors peut-être que pour comprendre pourquoi finalement il choisit d’élire une seule

Couleur et non pas des monochromes de de plusieurs il faut revenir à une exposition qui s’est tenue en 1956 dans laquelle il présentait à la galerie Colette à lundi qui était une galerie réputée à l’époque euh il présentait des monochromes de différentes couleurs

Agencé sur le sur le mur et puis il y a une pas pas mis à la suite les uns des autres mais dispersé disons sur le mur et puis il y a une discussion qui est organisée comme ça arrivit à l’époque dans la dans la galerie et il se rend

Compte que le public perçoit là ce qu’il a appelé une polychromie décorative c’est-à-dire qu’ils ont considéré le mur entier comme un tableau et il faut résoudre cette question puisque le monochrome vert le bleu l’orange et cetera ça ne permet pas de person voir la monochromie et il décide donc pour

L’exposition suivante qui se tiendra en Italie de d’élire une une couleur et ça va être le bleu il élit cette couleur et le 2 janvier 1957 à la galerie Apollinaire de Milan yvecllin expose 11 propositions monochrome bleu strictement identiques pourtant selon l’artiste ces tableau devrait être vendu à des prix

Différents pourquoi cela Sophie Crass oui alors ça c’est c’est un moment très important dans la dans la carrière d’ifclin euh euh c’est Denis ru lui-même je crois qui a appelé cet événement ou cette cette histoire une une fable didactique et je trouve que c’est un très beau un très beau terme euh c’est

Une fable parce que c’est euh quelque chose que ifclin a inventé ces tableaux n’ont pas été réellement vendus à des à des prix différents mais c’est une fable didactique au sens où euh s’il raconte ça c’est parce qu’il il veut euh dire quelque chose il veut nous apprendre

Quelque chose de très important euh sur sa sur sa pratique et euh ce quelque chose a à voir avec sa notion de ce qu’est la valeur d’un tableau donc ce qu’il explique c’est que euh si euh ces tableaux sont tous euh semblables en apparence ils ne le sont qu’en apparence

Seulement et qu’en réalité avec une certaine sensibilité on peut percevoir des différences des différences de qualité entre ces tableaux et euh une manière de prouver en fait que ces différences de qualité existent et que euh les acheteurs sont prêts à les acheter à des prix différents donc défiant complètement évidemment les les

Règles habituelles du du marché de l’art et alors qu’est-ce qui crée cette différence entre les les œuvres d’art c’est la sensibilité de chaque visiteur qui est nécessairement différente de niriou c’est c’est c’est le grand mystère que l’esthétique depuis plusieurs siècles parvient pas à résoudre c’est précisément sur cette question qui qui

Le qui le met le Doig c’est quelle est quelle est la la valeur véritable alors il faut rappeler aussi à la suite de de de ce qu’a dit Sophie Crass il faut il faut rappeler que à l’époque les tableaux étaient vendus au point c’est-à-dire en fonction de leur

Dimension de la surface donc plus le tableau était grand plus il était cher en fonction bien entendu de la côte de de l’artiste lui c’est cet édifice là qui le met à bas en pensant à une valeur qui est de l’ordre de l’invisible de l’immatériel mais qui est répond à un

Couple qui qui est très important pour lui je dirais imprégnation d’un côté l’artiste imprègne la surface picturale est une plaque sensible qui a reçu cette imprégnation voilà on peut pas en dire beaucoup plus mais à partir de là cette imprégnation fixée dans le bleu ou dans d’autres couleurs mais là dans le bleu

Cette imprégnation rayonne et c’est ce rayonnement qui nous touche et qui fait la la valeur la valeur de l’art tout ça étant évidemment de l’ordre du non visible mais c’est pas de l’ordre de l’irréel pour autant et c’est une réflexion qu’ estlabore Sophie grâce grâce pardon pour

Justement prouver le sa volonté de se situer en dehors des lois du marché il y a a une volonté ainsi de de rejeter la loi de de l’offre et la demande en défendant un prix juste oui je je pense vraiment qu’il y a quelque chose comme ça en fait peut-être

Qu’on peut rappeler ce que c’est qu’un marché un marché pur et parfait comme comme disent les économistes donc dans le C cette espèce de modèle abstrait du du marché c’est un c’est un marché c’est un un lieu dans lequel se vendent des produits qui sont homogènes qui sont en quelque sorte

Substituable un marché dans lequel l’offre et la demande sont atomisé anonymes un marché aussi où il y a une forme de transparence totale de l’information on voit bien que le marché de l’ ne correspond pas du tout à ces à ces critères le marché de l’art est un

Marché assez opaque dans lequel les les les produits ne sont pas homogènes ils sont pas substituables ils sont plutôt uniques en général euh c’est c’est donc un marché réel qui est assez différent du du du marché théorique des économistes moi ce que je trouve intéressant dans dans le cas de de de

Cette exposition de 57 à la à la galerie Apollinaire c’est que d’une certaine manière yclin rétablit les conditions théorique est un marché parfait c’est-à-dire que voilà il va il va exposer des des des tableaux qui sont en quelque sorte des produits homogènes qui vont être mis tous

Ensemble dans un même lieu où finalement le le le marché pur et parfait va pouvoir advenir et au moment où il fait ça et bien il décide de changer les règles et que les les les règles normales de l’offre et la demande ne vont pas ne vont pas fonctionner que le

Les les acheteurs ne seront pas du tout anonymes ou atomisés mais auront chacun en quel qu que sorte leur place dans l’échange dans un échange individualisé qui va correspondre pour chacun à des prix différents pour moi c’est un peu ça la la la leçon théorique en fait qu’il

Essaie de de donner et j’ai évoqué le terme de de prix juste parce que il y a beaucoup d’éthique dans cette réflexion d’ifcin et dans sa démarche artistique Sophie Crass oui absolument c’est-à-dire que pour yclin le prix de marché établi en fonction de l’offre et de la demande

C’est un prix qui est purement contingent et lui il il s’accroche il il recherche en fait une conception plus archaïque du prix qu’on peut rattacher dans dans une certaine mesure à la conception médiévale de juste prix selon laquelle la valeur est intrinsèque et elle appartient à une sorte d’ordre

Divin des valeurs elle a une dimension éthique et le prix lui doit se conformer à cette valeur il doit il doit en être dérivé il doit se calquer sur elle et c’est dans ce régime là qu’on peut penser la valeur économique comme ayant un fondement éthique et c’est vraiment

Ce que recherche yclin je pense j’expose des peintures monochromes bleu tout identiques de même format et de même ton chez iris claire et Coletta Lundy des controverses assez passionnées soulevé par cette manifestation me prouve la valeur du phénomène et la profondeur réelle du bouleversement qu’il entraîne chez les hommes de bonne volonté fort

Peu soucieux de subir passivement la sclérose des concepts reconnus et des règles établies chacune de ces propositions monochrome bleu toutes semblabl en apparence sont reconnu par le public bien différent les unes des autre l’amateur passe de l’une à l’autre comme il convient et pénètre dans un état de contemplation instantanée dans le monde

Du bleu l’observation la plus sensationnelle est celle des acheteurs ils choisissent parmi les 11 tableaux exposés chacun le leur et le PAI chacun le prix demandé et les prix sont tous différents bien sûr ce fait sert à démontrer que la qualité picturale de chaque tableau est perceptible par autre chose que

L’apparence matérielle et physique vous écoutez France Culture entendez-vous l’éch l’économie selon yvclein c’est notre sujet aujourd’hui nous sommes toujours en compagnie des historiens de l’art Sophie Crass et Denis Ryou alors on l’a bien entendu hein ici lors de cette conférence d’ifclin à la Sorbonne en 1959 pour l’artiste la valeur d’une

Œuvre d’art relève de de l’invisible et il cherche donc il refuse ainsi de de se soumettre aux lois du du marché alors même Sophie cras qu’il a très bien compris les règles du jeu il connaît le fonctionnement de la loi de l’offre et de la demande il connaît le

Fonctionnement du marché de de l’art mais justement il refuse de s’y soumettre est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi alors on peut seulement spéculer sur le sur le pourquoi mais je dirais que bon la la première chose c’est vraiment le le contexte dans lequel tout ça se déroule c’est-à-dire

Que dans les années 1950 c’est vraiment un moment où le marché de l’art est en pleine effervescence il est alimenté par la croissance de l’après-gerre par l’inflation qui fait que l’art est aussi une valeur refuge intéressante pour les acheteurs le marché de l’art parisien est aussi encore au cœur de l’intérêt des

Collectionneurs internationaux Paris jouit encore pour quelques années encore de cette réputation de capitale mondiale de l’art et donc c’est vraiment dans ce ce milieu d’effervescence du marché ce milieu assez spéculatif que yclin va va construire en fait cette pensée du du marché et puis il faut aussi ajouter que je pense que cette

Cette cet intérêt pour les questions économiques il doit aussi se comprendre dans un cadre plus large yclin a vraiment une pensée de comment renouveler comment révolutionner toutes les structure économique sociale politique à partir de l’art il est il est vraiment dans une posture avantgardiste de ce point de vue hein de

De de de réfléchir à comment l’artiste peut ouvrir la voie vers un renouvellement de la société en général oui et puis on a évoqué cette exposition très importante de 1957 mais il y a un autre moment majeur dans le la carrière d’ifclin c’est cette exposition du vide

C’est comme ça qu’elle a été appelée de 19 58 à la galerie iris claire à Paris et c’est une exposition au cours de laquelle je disais dans dans mon introduction yvcllin va finalement organiser la rareté de ses œuvres alors même Sophie cras qu’il s’agit d’œuvres invisible et donc potentiellement

Illimité oui alors en effet et là yvclin dans dans le je dirais dans l’établissement de ces de ces fameux certificats qui vont euh disons permettre de réaliser la vente concrète des œuvres immatérielles de ces œuvres invisibles là yvclin va démontrer vraiment sa sa connaissance très très fine des mécanismes du marché et

Notamment de de la rareté euh puisque finalement ce qu’il propose c’est un modèle de construction artificielle de la rareté en fabriquant en quelque sorte une sorte d’édition limitée donc de la même façon que les graveurs et puis bientôt les les FA photograpes vont limiter volontairement le nombre d’épreuves tirées de leurs œuvres pour

En en augmenter leur prix en assurer leur prix et bien yclin va de la même manière organiser la rareté de ces œuvres immatérielles dont finalement le nombre potentiellement serait complètement illimité mais là il va je dirais numérroter soigneusement par série ces zones dans des carnets de reçus euh qui

Sont établis à des prix différents ce qui va permettre de réintégrer ces œuvres immatérielles dans le régime économique de la rareté compatible avec le marché de l’art pour être très clair Denis Ryou dans cette exposition il n’y a rien du tout et il y a ces zones de sensibilité picturale immatérielle qui

Pour autant sont vendu au public alors vous allez un petit peu vite là c’est pas encore le moment des zones euh qui seront vendu effectivement euh en fonction des numéros et du du prix euh contre valeur en or don à cette exposition là euh il n’y a véritablement rien à vendre

Mais au contraire de ce que le public a ressenti et ce que les journalistes ont dit et c’est-à-dire le vide exposition donc du vide au contraire la la galerie est pour clin c’est ses explications entièrement saturé de sensibilité picturale immatérielle c’est-à-dire que c’est le bleu dont on a compris tout à

L’heure que le la visibilité du bleu était séparée de la valeur esthétique et donc de la valeur financière du bleu visible donc c’est ce bleu qui s’immatérialise et qui remplit la galerie de ça je dirais sa substantifique moile c’est-à-dire la sensibilité picturale mais au moment de de l’exposition chez riscller il n’y a

Pas encore organisation de vente et là c’est intéressant de rentrer un peu dans dans le dans le détail parce que c’est finalement sa galeriste qui elle est au plus près du marché bien sûr qui va pousser yvcllein à trouver les moyens de vendre de la sensibilité picturale immatérielle ceci étant cette

Sensibilité picturale immatérielle avait déjà à l’époque une une valeur puisque les cartons d’invitation pour Le Vern de ces expositions qui symboliquement d’ailleurs correspond à son 30e anniversaire enfin il y a tout ça c’est c’est important de de de comprendre que c’est aussi vécu porté par un artiste

Qui croit profondément en ce qu’il fait ces cartons d’invitation sont accompagnés d’un petit bond d’entrée gratuite pour les amis ceux qui ne bénéficient pas de ce petit bon d’entrée gratuite devront payer alors c’est 1500 francs je crois de l’époque euh c’est-à-dire très peu très peu en vérité

Parce que il est possible que y compris sans l’avoir recherché ils emportent avec eux des lambaus c’est le terme qu’il emploie des lambau de cette picture de cette picturité immatérielle de cette sensibilité pardon immatériel et donc pour cela il faut payer voilà donc effectivement tout a un prix si vous

Voulez mais c’est pas encore à vendre pour autant dans dans dans dans l’exposition de d’avril 58 et pour yvecllin l’amateur le visiteur par son émotion éventuellement par son achat participe à la création de l’œuvre elle-même c’est comme ça qu’il faut le comprendre deiriou alors il faut surtout

Le comprendre comme ça pour les les échanges qu’il va organiser avec un un rituel et donc ces fameux carnets à souche pour la vente là véritablement de zone de sensibilité picturale immatérielle effectivement il y a une coopération l’œuvre n’existe finalement que quand le rituel a eu lieu c’est-à-dire quand l’œuvre a été acheté

Et que le rituel a été accompli et en quoi consiste ce rituel justement alors ce ce rituel est particulièrement intéressant parce que avant il fallait peut-être passer par un détour enverse mais peu importe c’est-à-dire ce que vous avez passé tout à fait au début l’échange ne se fait pas en en

Monnaie ordinaire mais avec de l’or c’est les talon or bien sûr qui na plus tout à fait à cette époque mais qui dans les esprits a toujours cours donc l’incorruptibilité de l’or s’échange avec disons cette immatériel qui par définition est aussi incorruptible puisqu’il est pas matériel et et donc ça

Ça il a cette cette idée déjà un peu après l’exposition dite du vide et puis quand il met euh au point ses échanges avec des amateurs pour les zones de sensibilité picturale immatérielle le rituel consiste en ceci euh le prix de l’œuvre est payé en en or une partie de

L’or qui est donnée à l’artiste doit être répandu dans la nature très concrètement ça se fera au pied de Notre-Dame là aussi objet symbolique un escalier qui descend d’un pont qui s’appelle le Ponte au double là aussi c’est important et pendant que euh l’artiste rend à la nature donc jette

Dans le fleuve la moitié des lingots reçus en paiement ou de feuille d’or reçu en paiement l’acheteur brûle doit brûler son reçu autrement dit il n’y a plus de trace de rien sauf dans le carnet à souche qui indique le nom de l’acheteur et est authentifié par des

Témoins qui doivent être là et bien entendu clin n’en parle pas véritablement mais surtout tout est documenté par des phutos photographe que clin lui-même a bien pris soin de mettre en position pour que nous ayons par la suite des images qui prouvent que tout cela a eu lieu on voit par exemple Dino

Busatti l’écrivain qui brûle ainsi son carnet enfin son chéquier se reçu hein qu’il a reçu en échange de de cette zone de sensibilité et c’est véritablement ce rituel qui permet aux acheteurs de devenir véritablement propriétaire de NIR euh là aussi clin nuance un petit peu c’est-à-dire vous êtes propriétaire

De de la zone si vous ne brûlez pas le reçu si vous il y en a au début enfin peu importe euh vous êtes vous êtes propriétaire mais vous ne l’avez pas incorporé c’est-à-dire que ça ne vous appartient pas pleinement en vérité et quand vous en êtes propriétaire sans

L’avoir incorporé vous pouvez revendre cette zone mais il faut la vendre au double du prix que vous l’avez acquise sinon menace de de clin toute fictive bien entendu euh votre vre sensibilité personnelle sera entièrement anniilée détruite et donc avec Bruno buzati il y a il a raconté ça dans dans seseses

Textes mémorabl et il y a ce moment où il brûle le reçu et il raconte et et là on comprend bien la difficulté qu’il y a à se séparer complètement en avoir plus trace de rien il raconte que dans sa main est resté un petit bout évidemment

Qu’il était non brûlé et que sur issement il l’a mis dans la poche de de de son imperméable de sa veste pour pour le conserver geste évidemment tout à fait dérisoire mais qui indique bien la difficulté qu’il y a à acheter quelque chose qu’on ne possédera pas physiquement matériellement et justement yclin est-il

Le premier artiste à vendre ainsi de l’art immatériel de nirou alors je c’est c’est un peu une colle je sais pas si c’est le le premier je pas réfléchi en ça maisit un précurseur des NFT ces uvres qui sont exclusivement numériques c’est ce qu’on a pu entendre oui précurseur précurseur aussi de du

Conceptual art de l’art conceptuel qui qui arrivera à la fin des années 60 mais clin est déjà mort Sophie Crass qu’est-ce que vous en pensez est-ce que est-ce que ycin est un précurseur des nftd oui c’est c’est quelque chose qu’on a entendu effectivement il y a 2 3 ans

Quand il y a eu cette vogue très très forte autour des des NFT bon je pense qu’il faut pas forcer la la comparaison mais euh disons les les NFT qu’est-ce que c’est ce sont des certificats de propriété sur un fichier numérique codé selon les règles de la cryptographie sur

La blockchain qui permettent d’associer un objet numérique donc par exemple une image et un propriétaire et donc cette image peut rester complètement accessible en ligne elle peut être diffusée partout elle peut être téléchargeable copiable par tout un chacun mais grâce au NFT elle va être être publiquement identifié comme étant

La propriété d’une personne donc effectivement on voit ici euh on peut retrouver un mode de conciliation entre propriété rareté d’un côté et puis de l’autre le caractère immatériel de l’œuvre sa potentiel diffusion à l’infini euh et tout ça n’est pas s’ans rappeler évidemment ce que ce que clin

Met en scène avec ces ces zones de sensibilité immatérielle euh après je pense que c’est quelque chose qui est de l’ordre du du théorique euh NFT reste vraiment un instrument avant tout technologique de propriété quand chez ycllin La la la dimension ludique et et spirituel prédominait on l’a dit les

Monochromes sont vraiment la marque de fabrique DIF clin un concept celui de monochrome qui peut être appliqué à la musique selon l’artiste et cela donne la symphonie monoton silence écoutez [Musique] la symphonie monoton silence composée par yvcllein à la fin des années 50 vous écoutez France Culture entendez-vous l’écho nous continuons à explorer

L’économie selon yvecin avec les historiens de l’art Sophie Crass et Denis Ryou dans cette émission réalisée par Françoise lefloc avec la diness barja et mise en onde aujourd’hui par Alex Dang alors comment affranchir l’art des contingence économique y clin propose de faire des œuvres d’art le

Nouvel étalon à change en lieu et place de l’or c’est vraiment une utopie qui l’élabore Denis Riou comment en vient-il à cette utopie alors c’est une utopie effectivement qu’ qu’il élabore c’està-dire que ça n’aura jamais de consistance réelle et ça ne va pas influer sur les pratiques économiques de la

Société pourquoi il est la borse là c’est parce que il il il oppose là la la la quantité à la qualité enfin c’est un de ses mantras je peux dire ça comme ça euh et donc euh la qualité pour pour pour lui c’est ce qui va euh primer sur le reste

Et au fond il il imagine que des modèles vont être déposés comme ça dans une sorte de banque centrale de de de ces de ces chef-dœuvres et que c’est c’est à partir de là que la la valeur économique va se va se dégager là je pense que

Sophie sera mieux parler que moi il préfère la qualité à la quantité Sophi c’est pour cela que il préfère le troc à l’échange monétaire oui oui effectivement privilégier la la qualité à la quantité c’est quelque chose qui revient sans cesse en fait dans ses dans ses écrits qui le

Préoccupe beaucoup je pense que pour comprendre tout ça c’est c’est intéressant de de se replonger dans le contexte économique en fait de cette période puisque en fait la fin des années 50 c’est c’est un moment de de crise monétaire euh où des réformes monétaires sont engagées et donc l’idée

De de repenser le système monétaire est quelque chose qui est vraiment dans l’air du temps et qui qui remplit les les des articles de presse à cette à cette période et clin évidemment n’y est pas n’y est pas étranger en fait quand quand le général de Gaulle arrive au pouvoir en 1958 et

Que que la la 5e République est fondée on est en pleine crise monétaire il y a une inflation qui est galopante durant l’après-gerre qui est alimenté aussi par la guerre en Algérie par un certain nombre d’événements et le général God de GA va mettre en place un certain nombre de réformes pour tenter

De de juguler l’inflation et puis de de de ramener la monnaie sous contrôle et une je dirais un angle important de ces réformes c’est c’est les talons or en fait c’est la la croyance dans l’idée que il est possible de de d’ancrer de nouveau le le franc dans le métal

Précieux dans l’or donc il va y avoir une politique d’achat d’or assez massive par la la Banque de France et disons le volet le plus visible de la réforme pour les Français c’est l’introduction du nouveau franc qui va être effectif au 1er janvier 1960 qui en fait est égale à 100 fois

L’ancien franc et qui est basé sur un certain point poids d’or donc 180 mg pour un franc euh donc l’idée que il faut en revenir à l’étatonir est quelque chose qui est très discuté en fait dans ces années-là et c’est à mon avis aussi dans ce sens qu’il faut comprendre la la

Proposition un petit peu peu provocatrice d’ifclin de dire plutôt que les talons or les talons hard donc il propose vraiment littéralement de vider les banques centrales de leur réserve d’or pour y mettre à la place comme le disait deny Ryu à l’instant des œuvres d’art qui tiendront lieu de d’étalons

Immatériels plutôt que strictement matériel et que représente l’or pour yvecllein Denis Ryou vous disiez que c’était un symbole de la valeur inaltérable de de l’œuvre d’art ce n’est pas pour rien qu’il évoque ainsi les talons or oui bien sûr il y a il y a il y a ce ce

Ce volet on pourrait aussi pour poursuivre ce que vient dire sopie Crass parlait de l’emprunt piné qui était lui-même engagé sur sur l’or ce qui a posé des problème plus tard alors il faut rappeler que c’est un emprunt qui a lieu en 1952 qui était un emprunt national à 3,5

% garanti sur l’or c’est un placement sans risque qui pouvait permettre de payer beaucoup coup moins d’impôt et donc il a rencontré un succès absolument extraordinaire deny Rio oui donc c’est l’or est sur le devant de la scène mais il y a aussi je crois d’autres dimensions qu’il faut souligner ici c’est que

Euh clin va réaliser des œuvres avec des feuilles d’or il avait appris à poser des feuilles d’or chez un encadreur quand il était à Londes donc il a c’est une technique qu’il qu’il maîtrise et il va inventer une sorte de nouveau triptique qui se décale par rapport aux

Trois couleurs dites primaires de l’art moderne par exemple de mondriillant le jaune le rouge le bleu lui ça sera le bleu le rose et l’or et il réalise ces tableau avec des avec des des feuilles d’or donc ça fait partie de son de son univers aussi artistique et cela renvoie

Évidemment pour lui pour lui comme artiste et pour lui aussi comme catholique euh cela renvoie au fond d’or des peintures religieuses anciennes c’est-à-dire à toute une tradition artistique tout à fait considérable parce que il y a aussi ce ce ce ce volet disons religieux autour de autour de

Autour de clin et on pourrait penser que il il adapte par exemple l’ invvisible enfin bon c’est quelque chose qui raisonne il va utiliser le terme de pneuma qui est un terme qui est utilisé chez les théologiens voilà donc cet invisible c’est une forme de transcendance pour yclin il y a une

Sorte de transcendance et il y a aussi le le le fait que l’essentiel n’est pas de l’ordre du visible le visible est une sorte de marche-pied pour une transition qui nous emmène vers ce qui est plus important c’est effectivement de l’ordre de l’invisible une are nouvelle devrait donc apparaître ou une perception

Qualitative du champ énergétique de l’économie pourrait enfin orienter l’inertie fondamentale du vivant vers une conception dynamique de la chose créée cette conception trouve en moi son fondement dans la richesse chaque jour plus élaborée du patrimoine spatial aussi une grande fresque s’allonge-t-elle qui attend son label monétaire je récuse en effet réserve et

Devises richesse accumulé des grandeurs du passé mais hypothèque périleuse des structures du présent nul besoin désormais de ces intermédiaires dispendieux dont la facticité creuse un passé entre l’appréhension intellectuelle et la qualité même des valeurs saisies tournons-nous plus simplement vers la valeur intrinsèque de la matière résidant essentiellement dans

La notion de qualité et sur cette base structurellement qualitative chaque corporation pourrait être tenu d’abandonner dans les caves de la Banque centrale préalablement débarrassé de tout dépôt métallique le chef-dœuvre de la profession les 10 chefsdœuvres ainsi rassemblé matérialiseraient les directions spirituelles de base du pays laissant libre accès à toute éventuelle

Potentialité évolutive seule source de progrès cet exemple permanent catalyseur de puissance latente en maintenant à l’esprit un échantillonnage stable mais non clos permettrait enfin de jeter les bases d’un système de troc fondamentalement sain et à l’abri des variations conjoncturelles quantitatives que vous inspire ces propos de niriu

Qu’est-ce qu’on peut dire de la langue du style et de la façon de par d’ clin alors en général je saurais dire mais pour moi clin est éminemment convainquant c’est-à-dire que on perçoit quelque chose de sa passion de sa sincérité de son désir d’authenticité et quelque chose

Passe par la voix j’avais lu les textes de clin avant de les de l’entendre un peu par hasard il y a très longtemps mais j’avais lu ça m’intéressait mais mais sans plus et à un moment j’ai entendu la conférence Sorbonne et vraiment quelque chose une sorte de

Déclic s’est produit en moi al c’est personnel bien entendu mais je je pense que quelque chose passait aussi par sa présence physique à lui tous les les témoins que je je je je connais parle d’un être qui était lui-même extrêmement rayonnant qui était pr prsent infinim

Voilà et et dans sa voix je pense que qu’on entend qu’on entend cela Sophie Crass est-ce que la voix d’If clin évoque comme cela aussi chez vous quelque chose qui est de l’ordre de la conviction et aussi on entend de l’humour dans ces propos dicllein ou oui moi j’entends beaucoup l’humour alors

C’est vrai c’est aussi dans cette dans ces extraits on entend la salle qui réagit et qui rit en fait et ça je je trouve que ça fait aussi partie de de la manière dont il faut comprendre ces écrits qui de manière paradoxale mais sont à la foisès très sincère très

Vraiment ils sont à prendre au premier degré et en même temps ils sont pleins d’une forme d’humour pince sans rire et notamment qu’ a un humour de pastiche dans ce texte clin je sais pas si on le on l’entend mais il empreunte tout le jargon des économistes de cette époque les variations

Conjoncturelles tout tout ces ces ces ces formules un petit peu complexes qu’emploient les expert économiste à cette période et que lui va va revisiter à sa manière et ça je crois qu’il y a voilà un aspect de pastif qu’il faut pas mettre de côté oui parce qu’ Yve clin

Connaît très bien les théories de la valeur il connaît les physiocrates les valaraciens les néoclassiques et il cherche à récuser ces théories justement parce que pour lui ces théories sont marquées par la quête du quantitatif là où justement comme on le disait il recherche le qualitatif Sophie Crass oui

C’est ça alors je pense qu’il faut pas peut-être pas surestimer les connaissances économiques réelles de de clin euh il il le dit lui-même d’ailleurs il a cette citation dans laquelle il dit au début des années 50 je ne suis ni un philosophe ni un économiste ni rien d’autre je me borne à

Exprimer mes idées qu’en tant qu’utopie euh çajo cette idée d’utopie qu’on employait tout à l’heure je pense que yclin ne prétend pas être un économiste il prétend pas du tout avoir une forme d’expertise économique en revanche il il emprunte à un certain nombre de de source de lecture des choses qu’on

Entendait beaucoup aussi dans les dans les débats de cette de cette époque là il empreunte un certain nombre d’éléments qui lui permettent de faire de sa propre pratique artistique un laboratoire pour vraiment repenser l’économie de manière plus fondamentale dans son ensemble justement qu’est-ce qu’on peut dire de son Traité d’économie

Artistique qui s’intitule esquis et grandes lignes du système économique de la Révolution bleue et qu’il a publié en 1959 Sophie Crass alors là encore c’est c’est ça fait partie d’un ensemble d’un ensemble plus large c’est vraiment cette cette partie économique finalement n’est qu’un aspect d’un projet plus large de

Révolution vraiment importante en fait de la de la société dans son ensemble le la le fond en fait la ligne directrice c’est c’est celle dont on a déjà un petit peu parler c’est-à-dire remettre les l’éthique au cœur de la de la réflexion économique euh penser en fait

Euh la la la valeur comme quelque chose d’essentiellement qualitative et d’où cette idée du troc en fait échanger valeur contre valeur plutôt que de laisser des considérations monétaires euh se faire l’intermédiaire jeter un voile en fait sur la réalité des échanges et des et des relations dans

Art la pièce de Yasmina Reza Serge a acheté un monochrome blanc au grand dâ de son ami Marc écoutez c’est prodigieux que tu as acheté ce tableau ben que tu trouves cet chat prodigieux tant mieux que ça te fasse rire bon mais je voudrais savoir ce que tu entends par cette

Merde tu te fous de moi pas du tout cette merde par rapport à quoi France Culture quand on dit telle chose est une merde c’est qu’on a un critère de valeur pour estimer cette chose tu t’intéresses pas à la peinture contemporaine entendez-vous l’écho tu ne t’y es jamais intéressé tu n’as aucune connaissance

Dans ce domaine alors comment peux-tu affirmer que tel objet obéissant à des lois que tu ignores est une merde Tiffen de rquini nous continuons à explorer l’économie selon if clin avec Denis Ryou et Sophie Crass alors les monochromes suscitent souvent l’incompréhension comment les œuvres d’If clin ont

Ont-elles été reçu à son époque de niryou ah non mais très bien très très bien alors ça dépend évidemment dans quel univers vous vous placez si vous êtes dans un univers qui ne s’intéresse pas du tout à l’art ça paraît être une farce dérisoire et je pourrais en faire

Autant et cetera comme Picasso à l’époque gamin on ferait autant mais sinon très bien dans le monde dans le monde de l’art à preuve d’abord l’immense succès euh de sa courte carrière ça ne va que de succès en succès et surtout le la la commande ça se matérialise par la

Commande qu’il a en Allemagne de décoration mural pour l’opéra de Gazel Kirchen et donc il réalise ça en 1959 c’est assez tôt quand même et euh son ce sont des des grands monochromes avec des éponges et euh donc c’est toujours là en place aujourd’hui c’est absolument somptueux mais je veux dire

On command ça quand même à un artiste qui a 31 ans enfin bon et par ailleurs donc après cette exposition de de Milan 57 il a une double exposition à Paris la même année c’est des chez iris clair donc écollette à lundi et puis très vite il a une

Exposition à Londres des expositions en Allemagne en Italie et cetera et puis euh il va il va aller aux États-Unis il a un succès très mitigé c’est le moins qu’on puisse dire à New York mais par contre il a du succès sur la côte ouest

Donc c’est un c’est un artiste qui a qui connaî un véritable un véritable succès et la la monochromie devient grâce à lui un objet d’intérêt majeur en 1960 il est donc encore de de de ce monde et ça fait peu de temps qu’il a commencé finalement ça

Fait 5 ans en 1960 il y a une grande exposition qui a lieu en Allemagne s’appelle peinture monochrome monochrome malur et et et donc là on réunit des des monocromes mais c’est à partir de lui c’est le le le terme vient de Restani pierre Restani et lui donc non le succès

Est considérable un succès qui se traduit financièrement puisque ses œuvres se vendent très bien il est un artiste extrêmement bien payé de niriou non à cette épo à cette époque là il enfin il roule pas sur l’or pour reprendre euh non simplement ça va de mieux en

Mieux euh mais il était à l’oré d’une d’une carrière les carrières à l’époque sopie grass a rappeler le le le le contexte contexte économique et cetera il faut aussi rappeler ce contexte artistique on n’est pas du tout dans le contexte d’aujourd’hui où à peine sorti de l’école des beauarts on vend à des

Prix que les plus ch espérait pas à cette époque là les carrières sont lentes et là c’est un très très jeune artiste mais c’est un très jeune artiste qui bénéficie là encore en Allemagne à Crefeld d’une rétrospective 1961 qui lui permet de créer des œuvres donc de

Produire des œuvres il avait des idées mais c’était pas par exemple les œuvres avec le feu des idées qui qui qui peuvent être matérialisé donc c’est alors les prix à cette époque là je je ne sais pas je crois pas qu’il en vend énormément mais le le succès en tout cas

De la réception critique est considérable et yvclin a fait breeveter certains de ces procédés artistiques comment est-ce que on peut expliquer cette démarche pourquoi avoir recours à une protection industrielle pour une œuvre d’art de nirillou justement le le texte dont vous parliez tout à l’heure autour de l’économie c’est un un extrait d’un

Petit opuscule qu’ clin a publié en 1959 qui s’appelle le le dépassement de la problématique de l’art c’est le titre le dépassement de la problématique de l’art et il s’agit pour lui constamment de dépasser en effet et il dira d’ailleurs à un moment je l’ai fait de dépasser la

Problématique de l’art et donc s tenir au droit d’auteur pour les les œuvres ne lui suffit pas et du coup il va explorer d’autres domaines et en particulier ce domaine là des des brevets et le modèle celui aussi des des modèles pour sa table par exemple h oui

Alors justement il a breeveté je crois non pas le fameux bleu mais la manière dont il prépare la couleur avec le médium fixatif de niriou oui c’est cela c’est cela il a pris un un brevet pour le médium fixatif alors il a pris un brevet pour la formule du bleu ikab ce

Qui était rappelé tout à fait en début de d’émission mais le bleu lui-même c’est du pigment bleu outremer et bien entendu ça ne se brevette pas c’est ça existe depuis bien longtemps par contre le le le médium il peut le qu’il a mis au point avec Adam il peut le il peut le

Breueter et peut-être il est intéressant parce que c’est un problème de qualité aussi de savoir pourquoi il a fait ça il trouvait que les les médiums c’estàdire ce qui permet de fixer le pigment coloré sur une surface qui est verticale et si vous le laissez comme ça

Il va tomber bien sûr ça affadissait le ça niss le le pigment il rayonnait moins parceque j’ai utilisé ce ce terme après clin et donc il il veut restituer toute la valeur native du pigment et au début en 1957 il a même exposé du pigment pur sur le sol pour que justement on

Comprenne que c’est au fond c’est ça le le le but et il va trouver ce médium ce médium fixatif qui permet de conserver c’est complètement exact c’est vérifiable visuellement là pour le coup qui qui permet de conserver cette intensité et c’est c’est c’est le le le brevet porte effectivement comme

Innovation enfin le brevet c’est une enveloppe solo en vérité c’est un tout petit peu différent c’est un problème d’intériorité enfin peu importe il dépose çatit l’Institut national la propriété industrielle il porte effectivement sur ce sur ce médium ce médium qui permet donc de de faire le bleu ikabé mais aussi des autres

Couleurs je crois qu’il a enduit les bonnes femmes de de peinture et les a pousser contre France Culture je trouve ça moderne et puis c’est fantastique c’est lumineux entendez-vous l’cho puis c’est tout c’est beau Tifen dequini nous avons parlé du rapport d’clin à la valeur de l’œuvre d’art cette volonté de

Privilégier le qualitatif au quantitatif de privilégier l’immatériel au matériel mais aujourd’hui les œuvres d’clin se vendent à des prix record est-ce que ça n’est pas en contradiction avec ces théories sur la valeur de l’œuvre d’art de nirou ah ben bien entendu ENF c’est en contradiction ou pas enfin je veux dire

C’est ça se jouerait de mon point de vue ça se joue sur une autre scène finalement tout ce qu’on a dit de yclin son rapport à l’économie cex sur l’économie omist la valeur et cetera tout ça c’était aussi des éléments que je dirais didactiques ou pédagogiques pour nous expliquer ce qui caractérise

Ces œuvres pour nous expliquer sa volonté de faire œuvre autrement de dépasser cette problématique de l’art qui était celle de son époque et notamment de dépasser l’abstraction et la figuration papa maman mais aussi toute l’époque fondée là-dessus et le monochrome c’est c’est une voix où c’est ni abstrait ni figuratif enfin on est

Voilà et euh donc effectivement c’est c’est devenu un récit qui adhère à l’œuvre qui fait partie de qui fait partie de l’œuvre de de de clin et cette œuvre a objet et récit confondu un immense succès euh peut-être je peux mentionner qu’il y a une peut-être une presque une

Quinzaine d’années maintenant par eu un ouvrage autour des œuvres les plus chères du monde et ça recensait comme ça les œuvres ser et pour le le la France les artistes français du 20e siècle c’est-à-dire né après 1900 le top 5 c’était le principe deage le top 5 c’était clin clin clin clin

Clin et cela en particulier grâce à à Daniel met qui a pris en main la succession de clin et qui a permis une sorte de retour en grâce d’ve clin dans les années 80 deiru parce que il faut rappeler qu’clin est mort en 1962 très très précocément à l’âge de 34

Bien sûr alors bien bien entendu les successions des artistes tous les artistes ça c’est absolument fondamental pour leur devenir et sur le marché et du coup aussi le leur existence même c’est-à-dire que les artistes peuvent sombrer dans dans dans l’oubli et s’il un travail n’est pas fait bon voilà

C’est le c’est le risque alors Daniel mocké qui a épousé la veuve de de de de de clin rotrot euh clin weer qui était elle-même artiste et qui était héritière de s’est occupé à partir de la fin des années 60 je crois qu’il a épousé rotrot en 68 il

S’est occupé de l’œuvre de clin et l’œuvre de clin qui connaissait le purgatoire ordinaire des artistes qui disparaissent il y a un petite flambé d’intérêt au moment de leur mort et puis après après bah place place vivant voilà il a il a essayé de de de faire remonter

La pente et il a réussi si au-delà de tout de tout espoir mais avec vraiment un talent qu’il faut salouer c’est un talent inoui un dernier mot Sophie cras sur l’héritage d’cin et sur la valeur peut-être aujourd’hui de ces œuvres sur les le marché de l’art

Oui euh on on se demandait tout à l’heure si finalement la vente d’un d’un d’un reçu d’If Klein pour sa zone immatérielle pour des pour des prix comme ça extrêmement élevés et une forme de trahison de la pensée de de clin moi ce que je trouve amusant c’est que c’est

Comme si clin avait un peu anticipé ce la possibilité que ça puisse arriver puisque il a laissé dans l’œuvre elle-même un avertissement puisque sur les les reçus Dony rou mentionnait tout à l’heure il est inscrit dans un encart que le le le le le le reçu ne peut être

Revendu qu’au double de ce qu’il a été acheté et et là on voit en fait effectivement le décalage entre la la progression des prix telle que l’envisageait ycin et celle qu’elle a eu lieu réellement sur le sur le marché de l’art donc voilà je je pense qu’il y a

Une certaine forme aussi d’anticipation en fait et de la capacité de de l’œuvre à être à être réflexive à nous faire réfléchir en fait sur sur sa propre condition économique ça c’est vraiment un aspect très intéressant du travail de clin encore aujourd’hui et et à chaque fois que ces œuvres arrivent sur le

Marché et avant de nous quitter je vous propose d’écouter son ami et collaborateur pierrean dans une archive de 1969 toute la carrière d’ivclin toute son œuvre s’est développé de s VI vivant dans une atmosphère de controverse une atmosphère de polémique non pas pour le plaisir même de la polémique mais dans

La mesure où Yve était un intuitif c’est-à-dire un homme qui avait eu trèstôt une vision général du monde et on ne peut s’expliquer l’œuvre de clin ses développements son caractère d’impact d’ailleurs et même son ambiguité profonde si vous voulez sans faire cette référence à sa structure

Mentale il a eu un sentiment global de la vie et il a essayé de de l’exprimer à travers d’abord des phénomènes de démonstration simple comme la couleur pure et puis ensuite peu à peu à travers une véritable mystique de l’organisation de l’univers

Yves Klein, artiste polymorphe au parcours singulier, traverse l’art et la réflexion économique. En quoi sa démarche et ses œuvres questionnent-elles la valeur de l’art contemporain à la fin du XXe siècle ?

Pour en parler, Tiphaine de Rocquigny reçoit deux invités :
🎙️ Sophie Cras, maîtresse de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
🎙️ Denys Riout, professeur émérite d’histoire de l’art moderne et contemporain, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

#art #contemporain #economie
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4 Comments

  1. Magnifique œuvre derrière Tiphaine de Rocquigny comme une relecture de Malevich façon Cavalier Bleu. Malheureusement pour cette génération Klein, Le Corbusier etc …on ne parlait pas encore d'empreintes écologiques !

  2. Il est pour moi inconcevable de parler d'une personnalité décédée il y a désormais environ 62 ans comme d'un artiste "contemporain". Envisagerait-on par exemple Paul Claudel parlant de Balzac comme de son "contemporain"? Jusqu'à quand allons nous ridiculiser notre présent de la sorte?